Le Centre a du mal à recruter
Le 17 décembre 2009 par A ORLÉANS, PASCAL GATEAUD | L'Usine Nouvelle n° 3174Sujet sensible dans les débats des ateliers de la région : l'attractivité pour les cadres.
Vous ne nous aimez pas. Ou, du moins, pas assez... » C'est, en substance, le message adressé par les entreprises industrielles du Centre. Un cri du coeur qui renvoie aux forces centrifuges à l'oeuvre dans ce territoire mal identifié, partagé entre au sud, un Berry en retard, au centre, un Val de Loire plus riche, et au nord, un département de l'Eure-et-Loir qui regarde vers la région parisienne. Un peu partout en France, les PME déplorent un déficit global de compétences et de formations vraiment industrielles. Dans le Centre, les entreprises craignent de voir la crise les priver à jamais de leurs salariés.
Entre 2004 et 2008, l'emploi salarié a reculé de 7,1 % dans l'industrie régionale, les entreprises de la métallurgie et de la sous-traitance automobile étant les plus touchées. Cette menace d'une perte de savoir-faire, aggravée par le vieillissement de la population, a été réitérée lundi 14 décembre, à l'auditorium du BRGM d'Orléans (Loiret), où se tenait la synthèse régionale des états généraux de l'industrie. « Ces questions sont particulièrement sensibles en région Centre, où même pour les plus intrinsèquement séduisantes des entreprises, il est difficile de recruter des collaborateurs à cause du déficit d'attractivité du territoire lui-même », résume la synthèse des ateliers, réalisée par Benjamin Bertrand, de la DRIRE Centre. En dehors d'Orléans et de Tours, il n'est pas facile d'attirer des cadres. Alors que faire ? Deux pistes de travail, formulées lors de la réunion de l'atelier emploi et formation, ont été retenues. La première renvoie au volontarisme - nécessaire - des entrepreneurs : il faut définir une vraie politique RH dans les PME-PMI « pour identifier les compétences existantes et mettre en place les formations nécessaires aux évolutions ». Un voeu pieu pour les nombreux sous-traitants de la région ? La deuxième piste, qui pourrait donner des résultats plus rapides, porte sur le développement de plates-formes RH au niveau des bassins d'emploi, tant pour répondre aux besoins des entreprises qu'à ceux des salariés. Ces plates-formes seraient dotées d'interlocuteurs s'adressant tant aux entreprises en mal de personnel qu'aux salariés soucieux d'évoluer. La bonne nouvelle, c'est que des expériences de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences sont, d'ores et déjà, en cours à Blois (Loir-et-Cher) et à Vierzon (Cher), deux bassins malmenés.











