Le Centre a du mal à recruter
Le 15 décembre 2009 par Pascal Gateaud
Sujet sensible dans les débats des ateliers de la région : l’attractivité pour les cadres.
Vous ne nous aimez pas. Ou, du moins, pas assez…» C’est, en substance, le message adressé par les entreprises industrielles du Centre. Un cri du coeur qui renvoie aux forces centrifuges à l’oeuvre dans ce territoire mal identifié, partagé entre au sud, un Berry en retard, au centre, un Val de Loire plus riche, et au nord, un département de l’Eure-et-Loir qui regarde vers la région parisienne. Un peu partout en France, les PME déplorent un déficit global de compétences et de formations vraiment industrielles. Dans le Centre, les entreprises craignent de voir la crise les priver à jamais de leurs salariés. Entre 2004 et 2008, l’emploi salarié a reculé de 7,1%dans l’industrie régionale, les entreprises de la métallurgie et de la sous-traitance automobile étant les plus touchées. Cette menace d’une perte de savoir-faire, aggravée par le vieillissement de la population, a été réitérée lundi 14 décembre, à l’auditorium du BRGM d’Orléans (Loiret), où se tenait la synthèse régionale des états généraux de l’industrie.
«Ces questions sont particulièrement sensibles en région Centre, où même pour les plus intrinsèquement séduisantes des entreprises, il est difficile de recruter des collaborateurs à cause du déficit d’attractivité du territoire lui-même», résume la synthèse des ateliers, réalisée par Benjamin Bertrand, de la DRIRE Centre. En dehors d’Orléans et de Tours, il n’est pas facile d’attirer des cadres. Alors que faire ? Deux pistes de travail, formulées lors de la réunion de l’atelier emploi et formation, ont été retenues. La première renvoie au volontarisme – nécessaire – des entrepreneurs : il faut définir une vraie politique RH dans les PME-PMI «pour identifier les compétences existantes et mettre en place les formations nécessaires aux évolutions ». Un voeu pieu pour les nombreux sous-traitants de la région ?
La deuxième piste, qui pourrait donner des résultats plus rapides, porte sur le développement de plates-formes RH au niveau des bassins d’emploi, tant pour répondre aux besoins des entreprises qu’à ceux des salariés. Ces plates-formes seraient dotées d’interlocuteurs s’adressant tant aux entreprises en mal de personnel qu’aux salariés soucieux d’évoluer. La bonne nouvelle, c’est que des expériences de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences sont, d’ores et déjà, en cours à Blois (Loir-et-Cher) et à Vierzon (Cher), deux bassins malmenés.
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C’est le nombre de brevets déposés par million d’habitants en France. Une performance médiocre qui classe notre pays juste au-dessous de la moyenne des pays de l’OCDE, loin de la Suisse (118 brevets par million d’habitants), l’Allemagne (75) ou la Corée (58). Le passage de la recherche fondamentale à l’industrialisation pose problème. Selon la commission Juppé- Rocard, la France a ainsi publié plus de recherche que la Corée du Sud dans les nanotechnologies pour, au final, déposer huit fois moins de brevets.Acheteurs, défendez-vous!
Pour défendre les services achats, accusés de beaucoup de maux, un ancien directeur des achats de Safran a été rajouté à la liste des membres du groupe de travail sur les «politiques de filières ». Tâche ingrate. Les débats y sont houleux. «On ne peut pas accuser les gens sans connaître leurs conditions de travail », juge Dominique Vernay, le président du groupe de travail pour justifier son invitation.
Fiscalité allégée pour le lean
Proposition des plus concrètes avancée par l’atelier aéronautique de Midi-Pyrénées: l’extension du crédit d’impôt recherche à tout procédé permettant d’améliorer l’efficacité industrielle. L’idée serait de faire bénéficier les industriels du dispositif pour la mise en place des méthodes du lean manufacturing, formations, outillages, frais de consultant, etc. C’est l’une des 19 mesures préconisées par le groupe d’experts.
Timing bousculé
La synthèse des travaux des ateliers nationaux et régionaux était bien arrivée dans les temps pour un bilan de la première phase programmée le 14 décembre. C’était sans compter sur la prise de parole de Nicolas Sarkozy sur le grand emprunt, lundi. Décalage donc à vendredi 18 pour les premières conclusions des états généraux...

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