Le cas Toyota entre les mains de la justice américaine
Le 25 mars 2010 par Barbara Leblanc

Toyota met en place son comité qualité, un Français dans l’aventure
Toyota prône un retour aux valeurs de base
Toyota joue la carte de la transparence
La polémique Toyota devient politique aux Etats-Unis
liens sponsorisés
Toyota va enfin savoir à quelle sauce il va être mangé dans le dossier des rappels.
Le tribunal de San Diego doit statuer dans la journée sur la possibilité ou non de regrouper sous une seule et unique affaire les milliers de plaintes déposés par des propriétaires de véhicules Toyota, victimes de rappels suite à des dysfonctionnements. Les propriétaires ont constitué un groupe, le "Toyota Action Consortium", conseillé par des cabinets d’avocats de 20 Etats. Ils réclament au constructeur japonais des dommages et intérêts pour compenser le manque à gagner lors d’une revente de véhicules. Une action qui pourrait coûter entre trois et six milliards de dollars à Toyota, selon les experts juridiques.
D’autant plus que le collectif n’entend pas en rester là. Les avocats ont aussi déposé plainte pour racket : Toyota ayant, selon eux, continué à vendre ses voitures en les sachant défectueuses. Pour étayer cette accusation, ils s’appuient sur un rapport expliquant qu’une erreur de conception de la pédale d’accélération avait été détectée dès 2002. Le coût des rappels pourrait être encore plus lourd, car le groupe est menacé par d’autres actions menées par des victimes d’accidents corporels. Certains experts estiment que Toyota pourrait perdre jusqu’à 40 milliards de dollars au total.
A l’amiable ?
La décision finale devrait être rendue en fin de semaine par le tribunal. Dans un second temps, chaque partie devra justifier sa position, ce qui risque d’être long dans cette affaire au regard du nombre de plaignants. Mais cette démarche pourra permettre un règlement à l’amiable ou en cas d’échec d’un procès au niveau national ou devant la justice de chaque Etat. Toyota pourrait se positionner pour une solution à l’amiable comme l’avait fait Ford dans le passé. Les plaintes en plaintes en nom collectif (class action) ont en effet d’importants retentissements dans les médias américains, et donc des répercussions sur les ventes du groupe.
Le constructeur a annoncé une refonte de son système de production japonais, avec pour objectif la réalisation d’économies d’echelle et l’amélioration de la qualité. Outre la mise en place d’un comité qualité mondial, il devrait spécialiser certaines usines, certains sites fabricant des voitures compactes, d’autres que des 4x4. Ainsi, le groupe pourrait mieux contrôler les produits et accroître la quantité de pièces détachées utilisables sur différents modèles Une restructuration qui devrait prendre environ dix ans selon Toyota.

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