Alors que le président (PS) de la région Picardie se voit reprocher par les élus de droite de ne pas mettre assez d'ardeur dans sa défense du projet de canal Seine-Nord, celui-ci est pilonné par les écologistes, pour son coût jugé « pharaonique » (4,3 milliards d'euros), et par le Front national, qui le qualifie d'« électoraliste ». Claude Gewerc rappelle que la Région a été la première collectivité à délibérer sur ce projet à la fin 2010. « Notre participation est de 80 millions d'euros et nous ne reviendrons pas là-dessus », assure-t-il. S'il préfère voir les vracs, granulats et conteneurs voyager sur la voie d'eau plutôt que sur la route, il tempère son enthousiasme. « Ce projet sacralise le modèle économique d'une production de biens manufacturés qui reste en Asie », ajoute-t-il. Allusion aux produits manufacturés fabriqués en Chine acheminés par conteneurs vers les grands ports du nord de l'Europe. Les financements publics (État, collectivités, Europe) sont acquis pour la moitié du coût. Il n'en irait pas de même du côté du privé. « Bouygues et Vinci [les deux candidats à la construction et à l'exploitation, ndlr] ne sont pas chauds car le retour sur investissement serait très long, poursuit-il, bien moins intéressant que pour une LGV. » En Picardie, il se murmure que le canal Seine-Nord pourrait bien, comme son homologue Rhin-Rhône, tomber à l'eau.
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