Le boom de l’agriculture de précision
Publié le
Ajuster la quantité d’engrais et réduire la dose de pesticides parcelle par parcelle, être alerté des risques causés par les intempéries en fonction de la nature de sa production…Le satellite s’affirme comme un précieux allié de l’agriculteur du XXIe siècle.
Pour preuve, le succès croissant ces dix dernières années de Farmstar, l’un des plus anciens services d’images par satellite pour la récolte de blé, d’orge et de colza. « Sur une zone qui va de Clermont-Ferrand jusque Lille, environ 420 000 Ha de surfaces agricoles bénéficient de note service. C’est dix fois plus qu’en 2003», explique Henri Douche, responsable commercial du département Agriculture et Environnement pour Infoterra France. Cette filiale d’EADS Astrium et l’institut du végétal Arvalis, un institut de recherche appliquée en agriculture, opèrent le service sous forme de conseils aux exploitants agricoles. Au total, 10 000 agriculteurs en France utilisent les cartes satellites Farmstar pour cultiver environ 40000 parcelles. « Selon le type de cultures et les cours des associés, le service leur permettrait d’économiser entre 20 et 70 euros par Ha par an pour un coût du service de l’ordre de 10 à 12 euros par Ha par an » précise Henri Douche...
Sur un plan technique, ce service d’agriculture de précision combine l’analyse des images par satellites et d’un modèle de traitement agronomique tenant compte des conditions météorologiques et des caractéristiques culturales des parcelles. Les cartes satellitaires résultent de l’analyse de la lumière dans plusieurs bandes spectrales (bleu, vert, rouge et infra rouge) envoyée par les satellites plus réfléchie par les cultures. Cela permet de déterminer les paramètres biophysiques de la culture (biomasse, hauteur de la plante, teneur en chlorophylle)… Le traitement des données permet de déduire la quantité de produits (engrais, pesticides…) à apporter à chaque parcelle en vue d’un rendement maximal. «Entre deux parcelles voisines d’un même champ, en fonction de la qualité du sol, ces besoins peuvent varier du simple au triple», explique le responsable d’Infoterra.
La précision des cartes satellitaires dépend du type de culture. Pour les productions céréalières, une précision de 100 m2 (représenté par un pixel de la carte) suffit. Pour la gestion des vignes, la précision requise est nettement plus élevée. Un pixel ne représente plus alors que quatre m2 de surface au sol, soit 2 à 4 pieds de vigne. Son analyse permet de calculer la surface des feuilles et donne des indications sur les poids des grappes. Exploité depuis 2009, le service oenoview, développé par Infoterra et le groupe ICV, spécialiste des services en viticulture et en œnologie, a permis aux vignerons de réduire d’environ 30% la consommation de fongicide mais aussi de mieux différencier leurs parcelles. De quoi différencier leurs récoltes en fonction des caractéristiques du raisin et ainsi de produire vins différents !
Infoterra exporte sa technologie au delà de l’Europe : au Brésil pour la culture de la canne à sucre au Mato Grosso, aux Etats-Unis pour le suivi des grandes cultures...
Hassan MEDDAH

dans la même rubrique
27/05/2012 Un mastère à l’international nuclear academy27/05/2012 Le papetier qui veut protéger les forêts
27/05/2012 Production












