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L'Usine Santé

Le bio s’invite dans la présidentielle, à deux semaines du Salon de l’Agriculture

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Les principaux candidats à l’élection présidentielle ont été invités par les agriculteurs et industriels de la filière bio à exprimer leur vision de l’agriculture, et signer un « Pacte bio ». Tour d’horizon des positions.

Le bio s’invite dans la présidentielle, à deux semaines du Salon de l’Agriculture

Pour les candidats à l’élection présidentielle, ce mercredi 8 février représentait un tour de chauffe avant LE rendez-vous incontournable : le Salon de l’Agriculture, qui ouvrira ses portes le 25 février. Alors que la filière de la bio est en plein boom (avec plus de 100 000 emplois, et un marché français de 6,9 milliards d’euros l’an dernier, en croissance de 16,5%), trois grands acteurs du secteur avaient donné rendez-vous à Paris aux principaux partis.

La FNAB pour l’agriculture biologique, la commission bio de Coop de France pour les coopératives agricoles, et le Synabio pour les industriels, ont demandé aux candidats de s’engager en faveur de leur « Pacte Bio 2017 ».  Objectif, valoriser "une agriculture et une alimentation d’intérêt général" et "faire de la France le premier pays bio en Europe" d’ici 2022. Elle est actuellement le troisième en surfaces cultivées et deuxième en consommation.

« Offrir des débouchés stratégiques pour les PME agroalimentaires »

Parmi les préoccupations de la filière, la question du prix évidemment, afin qu’il puisse rémunérer équitablement les agriculteurs. Mais aussi "offrir des débouchés stratégiques pour les PME agroalimentaires implantées dans nos territoires et créer des dizaines de milliers d’emplois non délocalisables". Elle demande donc au futur(e) président(e) de la République de soutenir par les politiques publiques (en particulier dans la PAC, renégociée cette année puis en 2020) et investissements (via le Programme des investissements d’avenir, le livret de développement durable…) ce "secteur économique d’avenir" et son innovation, à l’instar du numérique ou des énergies renouvelables.

En contrepartie, elle rappelle les externalités positives de la bio, qui n’utilise pas de pesticide synthétique : préservation de la biodiversité et de la fertilité des sols, économies dans le traitement de l’eau… Les acteurs réclament aussi d’introduire dans la loi une proposition récemment retoquée au Sénat : imposer 20% d’agriculture bio dans la restauration collective publique d’ici 2020, et de l’étendre à la restauration privée.

Yannick Jadot, seul candidat présent en personne

PS, Les Républicains, En Marche !, FN, La France insoumise : tous les partis présents affirment percevoir le bio comme stratégique. Mais seul Yannick Jadot, le candidat d’Europe Ecologie – Les Verts, a fait le déplacement. 

Les autres candidats étant représentés par leur expert sur le dossier environnement. De la PAC et du sort des agriculteurs, il est beaucoup question. Des entreprises, nettement moins. "La reconversion écologique est une solution à la mutation des emplois", soutient pourtant  l’ancien ministre Philippe Martin, s’exprimant pour Benoît Hamon.  En faveur d’un principe de précaution plus approfondi, notamment sur les pesticides.

"J’étais convaincue que je pouvais lui apporter la dimension écologique indispensable au modèle social libéral qu’il défend, c’est la raison pour laquelle je le soutiens", précise Corinne Lepage, qui représente Emmanuel Macron. Ce dernier promet de soutenir l’innovation et de  lancer un grand plan d’investissement agricole sur cinq ans, en faveur des projets de transformation ayant un impact positif sur l’environnement. Et, avec une enveloppe de 200 millions d’euros, de rémunérer les acteurs rendant des services à l’environnement. A creuser…

Une TVA sur le bio à 0%, promet le FN

Philippe Murer, pour Marine Le Pen, promet quant à lui de se battre contre "les lobbys", de sortir de la PAC, et d’en récupérer les fonds pour instaurer notamment une TVA sur le bio à 0%. "Il faut que l’agriculture française soit capable de produire massivement bio, mais que les Français aussi soient capables d’acheter bio." Pour Guy Vasseur, lui-même agriculteur, en faveur de François Fillon, pas question d’opposer filière conventionnelle et biologique : "il faut faire feu de tout bois, à la fois pour retrouver notre position au niveau européen, et dégager des revenus pour les agriculteurs". Un modèle dual que conteste Laurent Levard, représentant de Jean-Luc Mélenchon. Il ambitionne de créer 300 000 emplois en soutenant les coopératives et la transition écologique de l’agriculture.

Yannick Jadot versus la malbouffe

Pour Yannick Jadot, pas question d’abandonner la bataille pour un quota de 20% de bio et 40% de local dans la restauration collective. Dans l’optique que cette dernière représente à terme 100%. "Aujourd’hui, le gros de l’argent public continue d’essayer de concurrencer le Brésil pour faire de l’agroalimentaire et de la malbouffe et d’exporter vers la Russie, c’est débile !, assène-t-il. Il faut que l’Europe construire sa souveraineté alimentaire autour de l’agriculture paysanne et biologique." Le candidat écologiste préconise un règlement européen pour le bio instaurant des seuils de résidus, au-delà desquels un produit ne pourrait pas être labellisé (une idée à laquelle s’oppose actuellement la filière). Avec, en contrepartie le principe du pollueur-payeur, si un agriculteur bio voit son champ contaminé à son insu. L’ancien député européen mise aussi sur la disparition des pesticides en France d’ici quinze à vingt ans.

 

Yannick Jadot et l’industrie agroalimentaire

Qu’attend le candidat d’Europe Ecologie – Les Vert des industriels dans le modèle agricole qu’il défend ? "Que l’agroalimentaire se mette justement au service de cette transition agricole, et ne cherche pas, comme c’est trop souvent le cas, à la contrôler, l’organiser, répond-il à L’Usine Nouvelle. Trop souvent les paysans deviennent des salariés de l’agroalimentaire et ne sont plus en capacité de créer un rapport de force pour défendre leurs prix." Il promeut la mise en place, à l’échelle des territoires, de contrats de transition écologique engageant, sur dix ans, entreprises, paysans, collectivités, Etat, associations de consommateurs ou de protection de l’environnement.

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