Le 787 pourrait avoir entre trois et six mois de retard
Par RédactionL'Usine Nouvelle - Publié le
Selon des sources industrielles, la sortie du Boeing 787 Dreamliner pourrait accuser plusieurs mois de décalage, sur fond de désaccords avec ses partenaires japonais.
« Tout le monde a un peu de retard car la mise au point des technologies composites est plus compliquée que prévue », confie une source proche du constructeur américain. Selon la banque américaine Wachovia, qui a effectué une recommandation défavorable sur le titre Boeing, « plusieurs compagnies aériennes clientes dans la région Asie-Pacifique ont été averties qu'elles devraient s'attendre à des retards de livraison ».Boeing a lui-même reconnu avoir des problèmes spécifiques avec deux de ses fournisseurs, le japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et l'italien Alenia. L'un fabrique les ailes du 787 (avec Fuji et Kawasaki Heavy Industries), tandis qu'Alenia produit le fuselage central et le stabilisateur horizontal de l'avion. Du coup, l'avionneur a expédié plusieurs dizaines d'ingénieurs chez ces deux industriels pour tenter de rattraper une partie des retards et régler la question du surpoids (environ 2 tonnes). Boeing a aussi augmenté de plus de 300 millions de dollars son budget de R&D affecté au 787.
Avec MHI, le problème vient surtout d'un désaccord avec Boeing. Les contrats d'externalisation passés au tout début du programme étaient basés sur une cadence de 7 avions par mois. Mais devant le succès du bimoteur à 50% en matériaux composites, Boeing a réclamé à ses partenaires nippons une remontée des cadences à 10-12 appareils par mois, ce qui les a mécontenté les japonais. Ils souhaitent renégocier les accords.
Côté italien, les difficultés viennent de la mise au point du process de fabrication de sections de fuselage en carbone d'un seul tenant, qui utilise un énorme mandrin. Cette technologie pose des problèmes de maîtrise du démoulage et de la dilatation après la cuisson du fuselage dans l'autoclave.
Par ailleurs, les spécialistes expriment des doutes sur la capacité de Boeing à pouvoir certifier l'avion entre son premier vol, prévu fin août 2007, selon Yves Galland, patron de Boeing France, et sa livraison en mai 2008. Soit huit mois, ce qui constituerait un record. Surtout pour un avion entièrement nouveau, qui offre des ruptures technologiques majeures. « La plupart du temps, le délai de certification est d'au moins douze à quatorze mois », reconnaît ce fournisseur de Boeing. Le constructeur a toutefois réaffirmé qu'il tiendrait son calendrier.
G. L.B.

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