Lauvergeon proteste contre la "diabolisation du MOX"
Par Rémy Maucourt - Publié le
L'ancienne présidente d'Areva rappelle jeudi que le MOX est issu de recyclage. Elle cherche à contrer la position d'Europe Ecologie Les Verts sur le sujet.
"Les Verts sont toujours pour le recyclage de tout, du bois, du papier, du verre, et ils ont raison (...) Sauf qu'ils sont contre le recyclage du combustible nucléaire (...) Le Mox, c'est du recyclage. Cette diabolisation du Mox est proprement hallucinante", a déclaré Anne Lauvergeon vendredi aux étudiants de Science Po Bordeaux.
Interrogé sur la discorde entre le PS et EELV sur le sujet, Mme Lauvergeon a rappelé qu'elle n'était "plus présidente d'Areva". "J'ai vu que même un porte-parole des Verts m'avait accusée moi, présidente d'Areva, d'avoir fait ça (...) Moi, je ne suis plus en poste. C'est une question qu'il faut poser à Areva", a-t-elle déclaré.
L'ASN rappelle que la fabrication du MOX "nécessite des précautions particulières, notamment en termes de radioprotection des travailleurs". Le Mox est environ 5 à 7 fois plus radioactif que le combustible nucléaire classique.
3 réactions
Saint Aroman Marc | 18/11/2011 - 16H44
Pour faire connaissance avec le MOX je conseille la lecture du dossier paru revue dans la revue scientifique « La Recherche » n° 226 sous la plume de Monsieur Jean Paul Schapira : le chercheur concluait son article en précisant que : « Le retraitement éviterait, selon ses promoteurs, de ne pas avoir à enfouir définitivement en couches géologiques profondes le plutonium avec l’ensemble des autres déchets issus des combustibles nucléaires usés. Or le recours au MOX ne permet pas d’atteindre cet objectif, puisque l’incinération du plutonium recyclé n’est que partielle (environ 30 %), que les conditions réelles de pénétration du MOX ne permettent pas de recycler en tout état de cause la totalité du plutonium extrait par retraitement et que finalement le combustible MOX irradié risque dans un tel contexte d’être enfoui définitivement en profondeur. Dépourvu de justifications écologiques et économiques, le recyclage du plutonium apparaît davantage comme un appendice du retraitement qui donnerait à ce mode de gestion des combustibles usés l’apparence d’une cohérence. »
Monsieur Schapira n’a bien sûr pas été entendu et, comme aujourd’hui Edf pour la Tribune, c’est le CEA qui aurait menacé la revue scientifique de suspendre ses abonnements…
Il reste tellement plus de produits radiotoxiques dans le MOX retiré du réacteur qu’au lieu de 5 ans de refroidissement en piscine comme pour l’UO2 déchargé il faudra un siècle pour refroidir le MOX en piscine…
Des mesures réalisées par un robot au premier étage du réacteur n° 3 de la centrale de Fukushima - chargé en MOX français - montrait hier une terrible activité : http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/images/handouts_111116_01-e.pdf
Alors le Mox n'a pas besoin d'être diabolisé, il est intrinsèquement diabolique.
Rémy Maucourt | 18/11/2011 - 11H34
En effet, la citation de l'ASN n'était pas correcte, nous avons modifié l'article en conséquence. Merci de votre vigilance.
robert | 18/11/2011 - 11H06
Par pitié, citez au moins correctement les propos de l'ASN : "La mise en oeuvre du plutonium, élément très radiotoxique et pouvant présenter des risques de criticité, nécessite des précautions particulières, notamment en termes de radioprotection des travailleurs, dans la fabrication du combustible MOX, son transport et son utilisation en réacteur...L'ASN n'est pas opposée à la poursuite de l'utilisation de combustible MOX dans les réacteurs EDF. Elle veille, dans les autorisations qu'elle donne, à ce que toutes les précautions soient prises pour obtenir le même niveau de sûreté qu'avec le combustible nucléaire classique à base d'oxyde d'uranium. "

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