Le groupe suisse Nestlé affiche des résultats encourageants sur les trois premiers trimestres de l'année 2011. Notamment une croissance organique de 4,1%. Reste néanmoins une conjoncture qui s'annonce difficile. Entretien sur le plan de résistance de l'entreprise avec Laurent Freixe, directeur général de Nestlé SA, responsable de la zone Europe.
L'Usine Nouvelle - Nestlé a publié hier ses résultats sur les neuf premier mois de l'année, avec une croissance organique plutôt bonne en Europe, comment anticipez-vous les prochains mois ?
Laurent Freixe - Les choses se tendent. Mais nous n'en avons pas ressenti les effets au troisième trimestre. Si l'on excepte l'effet de la climatologie, avec un mois de juillet qui a été le pire depuis trente ans, nous avons fait une croissance équivalente à celle du premier trimestre. Pour l'instant, nous sommes sur une bonne dynamique de croissance, alimentée par l'innovation et les gains de parts de marché. Le marché alimentaire est peu volatile. Mais la crise, qui prend son origine dans la dette souveraine, est là pour durer, même si elle ne sera pas aussi forte que la rupture de 2008-2009.
Que pouvez-vous faire ?
Dans la période, nous devons rester exigeants. Nous allons accélérer nos programmes d'efficience opérationnelle mais aussi utiliser notre politique de pricing afin de limiter l'impact de l'évolution du prix des matières premières. Celles-ci vont rester élevées. Par exemple sur le sucre, la hausse des prix est issue de la politique européenne des quotas a limité la production européenne et on se retrouve avec un déficit de 3,5 millions de tonnes... C'est néfaste pour les affaires et pour les prix. Sans compter que sur beaucoup de matières premières, la croissance dans les pays émergents fait également pression sur les prix.
Vous avez présenté plusieurs innovations sur le marché européen (Special-T, Babynes, le chocolat Cailler personnalisé…) où le service est important. Nestlé sera-t-il demain autant un prestataire de service qu'un industriel ?
L'innovation est dans le produit et tout autour : dans un système comme la machine Nespresso, dans le produit, et dans le service que l'on offre, comme par exemple la livraison de vos dosettes Nespresso deux heures après la commande, que nous venons de lancer à Paris. Nous voulons explorer ce champ qui nous permettra d'aller des produits les plus standards aux produits les plus personnalisés. Les populations, de plus en plus urbaines, sont à la recherche de convevience. A l'ère du digital, le consommateur veut pouvoir choisir sa musique, son chocolat, son café.
Quels sont vos projets industriels en Europe ?
Nous a avons inauguré il y a quelques jours la plus grande usine d'Europe de café en Russie, premier marché mondial pour le café soluble. Elle sera capable de faire tous les types de produits. Nous avons d'autres projets industriels. Cette année, le groupe a investit à des niveaux historiques dans les pays émergents, mais nous avons également augmenté nos investissements sur l'Europe. Nous investissons là où sont les consommateurs, là où est la demande.
Propos reccueillis par Patrick Deniel









