Laurence Parisot voit la perte du triple A comme la fin d'une époque
Par Christophe Bys - Publié le
La présidente du Medef est revenue ce mardi matin sur la dégradation de la dette souveraine de la France, partageant le diagnostic de Standard and Poors. Elle a aussi indiqué la feuille de route du Medef pour le sommet pour l'emploi organisé demain, 18 janvier, à l'Elysée.
Toute de noire vêtue, en pantalon et pull over, Laurence Parisot a tapé fort dès le début de son point mensuel à la presse, à Paris. La perte du triple A ? "C'est un électrochoc, la fin d'une époque", estime-t-elle, rappelant que le Medef avait fait depuis longtemps le même diagnostic que l'agence de notation Standard & Poors : trop de déficit, trop de dette et un marché du travail pas assez flexible.
La présidente du Medef, qui rappelle régulièrement son engagement en faveur de la construction européenne, s'est en revanche étonnée de l'attitude de l'agence de notation qui critique la gouvernance de l'Europe, tout en notant les dettes, pays par pays. Elle prévient ainsi qu'elle sera vigilante aux progrès réalisés dans le gouvernement économique de la zone euro. Evoquant le traité annoncé le 9 décembre dernier, Laurence Parisot prévient : "nous vérifierons que l'on ne reculera pas par rapport à l'ambition affichée initialement."
Après ces annonces tonitruantes, la patronne du Medef relativise malgré tout la gravité de la situation. Elle rappelle en particulier que la dette souveraine des Etats-Unis est plus mal notée que celle de la France.
A propos de la flexibilité du marché du travail, Laurence Parisot estime que des progrès ont été accomplis ces dernières années, notamment en matière de flexi-sécurité, grâce à l'adoption de la rupture conventionnelle. Cette mesure pour intéressante qu'elle soit est quand même bien loin de la flexi-sécurité comme peuvent la connaître certains pays nordiques.
Développer la préparation opérationnelle à l'emploi
Pour aller plus loin, la patronne des patrons précise que le sommet de l'emploi du 18 janvier sera "un moment important pour une nouvelle étape dans le travail d'adaptation que nous appelons de nos vœux."
Soulignant le consensus prévalant sur le chômage partiel et sur les facilités accrues de formation pendant ces périodes, Laurence Parisot soutient aussi le développement de la Préparation opérationnelle à l'emploi (POE), une période de formation concédé sur un emploi identifié sur lequel une entreprise à pris un engagement d'embauche. Elle dit avoir l'appui de 10 branches, pour réaliser 60 000 embauches en 2012 en POE. Il y en a eu 9 600 sur l'ensemble de l'année 2011, selon Pôle emploi.
De même, la président du Medef se prononce en faveur des accords de compétitivité. En revanche, sur les "mesures de type TVA sociale", elle préfèrerait que le gouvernement retienne les propositions de son organisation qui combinent baisse des cotisations patronales contre hausse de la TVA et baisse des cotisations salariales contre transfert vers la CSG. Le second axe permettrait de redonner du pouvoir d'achat aux salariés.
Ne présageant pas l'issue du sommet social, Laurence Parisot a cette préoccupation : "ce qui est important pour nous c'est que l'enjeu de compétitivité-prix soit reconnu dans le débat."

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