Laurence Parisot défend l'euro face aux investisseurs
Par Christophe Bys - Publié le
A l’occasion de son point presse mensuel le 13 septembre, Laurence Parisot a renvoyé les causes de la crise financière à l’incurie des Etats en affirmant que la situation n’a pas atteint l’économie réelle. Elle a également annoncé la création d’un groupe de travail avec le patronat allemand sur la convergence fiscal et social.
La dégradation de la situation sur les marchés financiers n’a pas pour le moment atteint l’économie réelle. Tel est en résumé le message de Laurence Parisot, la responsable du Medef, reprenant les conclusions du conseil exécutif des instances patronales qui s’est tenu le lundi 13 septembre. Le ralentissement observé dès la fin du deuxième trimestre par les chefs d’entreprise ne s’est pas accéléré depuis selon le Medef.
Ce qui ne l’empêche pas de s’intéresser à la crise financière actuelle. "N’oublions pas que la dégradation provient de la dette des Etats. Les banques sont attaquées car elles ont des titres de la dette des Etats", a répété Madame Parisot. Elle s’est voulue rassurante cependant sur la situation des banques françaises : "leurs fonds propres sont extrêmement élevés. Certaines d’entre elles les ont multipliés par deux depuis 2008. Les entreprises dont on parle ont réalisé au premier semestre d’importants bénéfices." Et d’ajouter qu’"il n’y a pas de problème de liquidité interbancaire." La présidente du Medef estime même que "s’il y avait un défaut grec, et encore faudrait-il préciser ce qu’on entend par défaut, son coût serait absorbable par les banques françaises."
Convergence fiscale et sociale
Rassurante sur la situation des banques françaises, qui sont par ailleurs membres du syndicat patronal, la présidente du Medef n’est pas pour autant favorable à un statu quo. Pour elle, il faut "aller plus loin dans la construction européenne." Un rapprochement qui passe par davantage de convergence fiscale et sociale.
Sur ce second point, elle souhaiterait que les taux de prélèvement se rapprochent des deux côtés du Rhin, une demande que la présidente du Medef faisait déjà au printemps de cette année. Elle a aussi indiqué avoir des contacts réguliers avec ses homologues allemands, notamment pour créer un groupe de travail commun pour améliorer la convergence des économies. A l’en croire, ses homologues sont prêts à travailler avec le Medef au plus vite. Surtout ils sont sur la même ligne politique "aux investisseurs qui doutent sur l’euro, nous répondons "vous vous trompez"", martèle-t-elle. Patrons allemands et français partagent une conviction : le salut passera par davantage d’intégration politique et économique.
"Danger bleu marine"
Rien d’étonnant donc si Laurence Parisot a passé une partie de ses vacances à la rédaction d’un ouvrage pour pointer le danger que représente le Front national. Intitulé le "danger bleu marine", l’ouvrage, à paraître le 14 septembre chez Calman Lévy, vise à rappeler que si Madame Le Pen tente de se démarque de son père "on retrouve dans ses discours tous les démons de l’extrême droite". A commencer par une façon permanente de catégoriser les Français et par de fausses solutions économiques qui semblent relever du bon sens. Ainsi en est-il de la sortie de l’euro qui serait "un effondrement économique de notre pays".
Reste que pour faire face à la situation actuelle, la présidente du Medef a des idées très précises sur ce qu’il conviendrait de faire : réduire les déficits, en instaurant une règle "à chaque fois qu’on a un euro de recettes supplémentaires, il faut réduire les dépenses de 2 euros". Elle a aussi demandé à ce que l’Etat ne touche pas aux exonérations de charges et aux mesures en faveur de la recherche et de l’innovation.
Elle s’est aussi déclarée en faveur d’une réforme de l’assurance maladie dont le déficit devrait cette année dépasser les 30 milliards d’euros. Une réduction du déficit qui ne devra pas passer par une hausse des prélèvements. Laurence Parisot devrait donner le mois prochain sa position sur la TVA sociale.

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