Trop à l'étroit sur son site d'Ayherre, en Pyrénées-Atlantiques, le groupe Lauak, (350 salariés, 29 millions d'euros de chiffres d'affaires) fabricant de pièces primaires et de sous-ensembles pour l'aéronautique, va construire une nouvelle usine de 5 200 m² sur l'ancien site de Ruwel à Bayonne. La nouvelle unité dédiée à la fabrication de pièces primaires et d'échangeurs thermiques, sera notamment dotée d'une presse de formage de très grande dimension, d'une puissance de 45 000 tonnes qu'aucun sous-traitant en
France ne possède pour l'heure.
De même, la nouvelle unité permettra la mise en ligne des fabrications avec un souci d'optimisation des flux. « Nous voulons devenir un des leaders de la sous-traitance aéronautique en Europe. Pour y arriver nous devons être un modèle de ligne manufactoring en France, tout en nous dotant d'équipements très spécifiques » répète Jean-Marc Charritton, son P-DG. Lauak, sous-traitant de rang 1 pour Dassault, réalise un quart de son chiffre d'affaires avec l'avionneur, et 35 % avec Honeywell et Lieber Aérospace pour la fabrication d'échangeurs thermiques. Avec Airbus, Lauak réalise 5 % de son chiffre d'affaires. Un pourcentage qui devrait grimper très vite à 20 %.
De fait, la PME vient de remporter un contrat de 2 millions euros par an avec Airbus pour la fabrication de sous-ensembles, en coiffant au poteau deux compétiteurs, un indien et un chinois, présents dans la short liste. C'est sur le site que détient Lauak au Portugal que se feront les opérations d'assemblage. La fabrication sera confiée au site de Bayonne. Ce n'est pas le seul tournant que veut aborder Lauak. L'entreprise entend bien passer du métallique aux composites, soit en créant de toute pièce une unité, soit en faisant de la croissance externe. Un projet qui pourrait aboutir dans les deux prochaines années.
En attendant, il faut gérer l'installation de la nouvelle unité sur le site de Bayonne. Autant dire que l'annonce a fait des vagues. Jean-Marc Charritton se plaint depuis un certain temps d'être trop à l'étroit sur son site. Il y a deux ans, il a tenté une première manœuvre : l'idée d'une implantation sur l'ex-site de Ruwel de Bayonne, destiné à devenir un pôle de sous-traitance aéronautique. Sauf que le projet est loin d'être ficelé.
Du coup, il se tourne vers la commune de Bardos, en pays basque intérieur. Mais il découvre que le terrain convoité a des failles dans son sous-sol. Le site de Bardos est abandonné. Finalement, l'entreprise annonce son installation sur l'ancien site de Ruwel, devenu « Technocité ». Entre temps le député Jean Lassalle, n'aura pas manqué d'agiter le chiffon de la « délocalisation » (à 25 kilomètres) de Lauak ! Fin juillet 2008, 140 salariés travailleront dans la nouvelle usine. L'activité tôlerie industrielle restera sur le site d'Ayherre avec 130 salariés.
De notre correspondante en Aquitaine, Colette Goinère