Latécoère piétine dans ses recherches d’un partenaire
Par Hassan Meddah - Publié le
La crise des marchés financiers et la reprise industrielle vigoureuse perturbent les négociations avec les éventuels repreneurs.
A l’occasion de l’annonce de ses résultats semestriels, le fabricant toulousain a fait un point sur ses négociations pour trouver un partenaire industriel. "On constate que les opérations de fusion et acquisition prennent un certain retard. Aujourd’hui, Latécoère n’est pas entré avec un quelconque partenaire dans une négociation finale", a précisé Pierre Gadonneix, président du conseil de surveillance. Pourtant l’entreprise toulousaine, sous la menace d’une dette de 350 millions d’euros, cherche depuis mai 2010, un partenaire industriel avec lequel s’adosser.
Plusieurs raisons expliquent la difficulté à boucler une telle opération. Primo, le nouveau contexte macro-économique. Les turbulences qui frappent les marchés financiers, ne favorisent pas les opérations de fusions et acquisitions et renchérissent le coût des financements.
Segundo, la forte reprise des commandes confirmée lors du dernier salon du Bourget, n’est pas forcément un moment propice. Les grands clients de Latécoère comme Airbus et Boeing, cherchent en effet en priorité à ne pas déstabiliser leur supply-chain dans cette période où tous leurs fournisseurs doivent se mobiliser pour augmenter significativement leurs cadences de production.
Tertio, le nombre de partenaires impliqués autour de la table des négociations compliquent la prise de décision. Parmi eux, les acheteurs potentiels, les créanciers de Latécoère, mais également les pouvoirs publics locaux et nationaux, ainsi que les grands clients de l’entreprise. "Les différentes parties concernées n’ont pas les mêmes priorités ni le même calendrier", explique encore Pierre Gadonneix.
Toutefois, la direction de Latécoère ne s’inquiète guère et réaffirme la nécessaire consolidation des acteurs de l’aéronautique. Et clairement, la fin d’année pour trouver un partenaire n’est plus une date butoir comme auparavant présentée. L’entreprise toulousaine doit même rencontrer ses banques lorsque du second semestre 2011 pour éventuellement adapter son échéancier de rembousement au vu du son redressement. financier.
Latécoère a en effet dégagé un résultat net de 15,5 millions d’euros au premier semestre de cette année contre 0,4 million un an auparavant et vient d’aligner cinq trimestres consécutifs de croissance de son chiffre d’affaires.
La reprise représente un véritable défi sur le plan industriel. Fournisseur du câblage et des portes de l’A320, il devra suivre les montées de cadences exigées par Airbus. Côté Boeing, Latécoère livre actuellement de quoi équiper quatre 787 par mois, soit quatre jeu de 8 portes.
Et d’ici 2013, l’avionneur américain passera à cadence 10 pour son long courrier. Pour faire face, Latécoère a déjà embauché 60% des 400 personnes à recruter cette année. "C’est très difficile de recruter les 40% restants, aussi bien sur les profils de compagnon que d’ingénieur", précise François Bertrand, président du directoire.

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