Latécoère envisage tous les scénarios de consolidation
Le 01 septembre 2010 par Hassan Meddah
Tout juste nommé président de conseil de surveillance de la PME toulousaine, l’ancien patron d’EDF Pierre Gadonneix doit assurer l’avenir de Latécoère à travers une opération de consolidation. Il privilégie des rapprochements offrant des synergies industrielles et commerciales mesurables.
En confiant à Pierre Gadonneix la présidence du conseil de surveillance, Latécoère confirme sa volonté de recherche d’un partenaire industriel pour assurer son avenir. La PME mise sur l’expérience des négociations internationales et la pratique des pouvoirs publics de son nouveau dirigeant pour réussir cette phase délicate de son développement. "Je souhaite que Latécoère joue un rôle clef dans la consolidation du secteur des aérostructures. Il y a deux objectifs recherchés : consolider le secteur d’une part, et apporter des fonds propres à Latécoère d’autre part (…) A nous de trouver la voie et les moyens pour y parvenir, c’est un vrai challenge" a-t-il indiqué.
En effet, selon Latécoère, le secteur ne pourra faire l’économie d’une forte consolidation. On compte une quinzaine de fabricants d’aérostructures en Europe contre deux aux Etats-Unis (Spirit et Vought) et deux au Japon (les filiales aéro des groupes Kawasaki et Mitsubishi). Cette consolidation répond aux exigences des avionneurs qui veulent réduire le nombre de leurs fournisseurs.
"Il ne faut se fermer aucune porte. Tous les scenarios de consolidation sont envisageables. On privilégie un rapprochement avec à la clef des synergies industrielles et commerciales même s’il peut inclure un partenaire financier", indique Pierre Gadoneix qui reconnait toutefois qu’il n’est pas un spécialiste du secteur.
Rien n’est écarté. La dimension européenne d’une telle opération semble s’imposer. "Airbus est un acteur européen. Nous avons une perspective européenne". Toutefois, Latécoère est prêt également à regarder au delà des frontières européennes, n’excluant pas une opération transatlantique. Une piste franco-francaise pourrait également tenir la route. Ainsi, la relance des négociations avec Aerolia, filiale française spécialisée dans les aérostrucutres d’ EADS, est tout à fait envisageable. Le projet Zéphyr, soit la reprise des usines de Saint-Nazaire et de Méaulte d’Airbus avait pourtant échoué en 2008. Enfin, une intervention des pouvoirs publics via le FSI (Fonds stratégique d'investissement) est un scénario possible.
Bref tout est ouvert. Toutefois, sans ligne directrice plus affirmée, Latécoère risque de se disperser et se transformer en cible. D’autant plus que la situation financière de la société reste délicate avec une dette de 351 millions d’euros. "Clairement, Latécoère est opéable comme toute autre entreprise du secteur privé" reconnait Pierre Gadonneix. Selon lui, comme Latécoère est un fournisseur majeur des grands avionneurs (Airbus, Boeing, Embraer, Dassault) une telle opération nécessiterait leurs accords. "Personne ne ferait cette faute sans vérifier auprès de nos principaux clients" a-t-il précisé.
In fine, le but de cette consolidation serait donc d’aboutir à un fabricant avec une taille critique, c'est-à-dire avec un chiffre d’affaires de l’ordre d’un milliard d’euros.
Selon le nouveau président du conseil de surveillance, le timing est favorable : "C’est préférable de monter ce genre d’opérations dans un contexte de reprise plutôt que de déclin". Le secteur connaît en effet un début de reprise : les compagnies aériennes ont enregistré ces dernier mois une hausse de leur trafic, tandis que les avionneurs ont accéléré leurs cadences de production pour répondre aux commandes engrangées, notamment lors du dernier salon de Farnborough.
Cette reprise se traduit également dans les comptes de Latécoère. La société a enregistré une croissance de 2,6% de son chiffre d’affaires au deuxième trimestre à 117 millions d’euros. Elle compte également stabiliser son chiffre d’affaires annuel à 450 millions d’euros alors qu’il avait chuté de 24% en 2009.

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