Latécoère demandera réparation à Airbus07/05/2008
Très déçu de l'échec du rachat des usines françaises d'Airbus, Latécoère entend demander un dédommagement à l'avionneur et n'exclut pas un plan social portant sur 200 postes.
« Nous sommes les dindons de la farce », résume Christian Beugnet, l'un des dirigeants de Latécoère et responsable du projet de rachat des sites de Méaulte et Saint-Nazaire Ville. EADS et Airbus ont en effet décidé de rompre les négociations avec l'équipementier toulousain, comme l'avionneur européen l'a fait il y a un mois et demi avec la société OHB pour les usines allemandes d'EADS-Airbus en vente.Raison principale : les deux parties n'ont pas pu s'entendre sur les niveaux de prix (en dollars) auxquels Airbus aurait traité avec les futurs sites pour acheter des éléments de l'A350 XWB. La chute du dollar est passée par là, remettant en cause tout le business plan. Comme en Allemagne, le groupe européen annonce qu'il filialise ces deux sites pour les vendre ultérieurement. Les rêves d'expansion de Latécoère s'envolent Pour Latécoère comme pour Airbus, c'est une grave déconvenue. Mais Latécoère est encore plus touché par cet échec qu'Airbus. L'équipementier peut dire adieu à ses rêves de croissance, où il devait tripler de taille dans les trois ans grâce au rachat des usines. De même, la perspective de devenir l'un des acteurs majeurs sur le marché des aérostructures s'envole, ou celle d'être l'un des deux spécialistes mondiaux des pointes avant (l'activité de l'usine de Méaulte), avec le groupe américain Spirit Aerosystems. Du coup, François Junca, président du conseil de surveillance de l'entreprise toulousaine, n'exclut pas un plan social : « les contrats temporaires dans des fonctions techniques et administratives (environ 200 postes) ne seront pas renouvelés », prévient-il. Latécoère est en effet très endetté, ses résultats sont tendus, et il comptait beaucoup sur une augmentation de capital de 300 millions d'euros pour consolider sa structures financières. Même si ce projet était « quasiment bouclé », selon Christian Beugnet, il est désormais caduc. Par ailleurs, Latécoère entend bien se faire rembourser les frais qu'il a engagé ces huit derniers mois pour mener le projet de rachat. Montant que l'industriel toulousain estime à plusieurs millions d'euros entre les missions d'études et les déplacements de personnels sur place. GLB |
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