Lannemezan tente de conjuguer risqu es et attractivité
Par Camille Chandès - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3135Concilier réduction des risques industriels et revitalisation d'un territoire peut s'avérer complexe. Le PPRT établi autour du site chimique d'Arkema en est l'exemple.
Aucune expropriation et peu de travaux à réaliser sur les bâtiments existants. La maîtrise de l'urbanisation autour du site sensible d'Arkema de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) a été pour les habitants des quatre communes concernées (10 000 personnes) une opération indolore. Approuvé en octobre 2008, deux ans après son démarrage, ce plan de prévention des risques technologiques (PPRT) a d'ailleurs rejoint le club très fermé des plans menés à terme. « Nous avons la chance d'être dans une situation favorable. Nous sommes sur un territoire à faible densité de population et les premières habitations sont situées à plus de 700 mètres. Elles sont donc à l'extérieur du périmètre le plus à risque », se félicite Daniel Wolff, le directeur de l'usine (160 salariés). Classée Seveso seuil haut en raison de l'emploi d'ammoniac et de chlore - deux gaz toxiques -, elle produit de l'hydrate d'hydrazine (utilisé pour la protection anticorrosion des chaudières industrielles et des centrales nucléaires) et ses dérivés.
Derrière cette apparente simplicité se cache pourtant un problème épineux : attirer des entreprises sur l'ancienne usine d'aluminium d'Alcan (245 salariés) située à quelques encablures d'Arkema, sur une zone exposée aux risques toxiques. Annoncée en 2005, sa fermeture est effective depuis mars 2008. « Nous essayons de trouver des candidats depuis trois ans », lance Delphine Mercadier, la responsable du développement à la mairie de Lannemezan. Difficile dans ce contexte d'admettre en plus la contrainte imposée par le PPRT : limiter à 285 le nombre de personnes présentes dans ce périmètre. « Nous espérions, au vu de la surface disponible, faire venir des sociétés générant beaucoup plus d'emplois », affirme Jean Tarenne, le président du Club d'entreprises de Lannemezan (35 adhérents). Pour l'heure, une seule a franchi le pas : Carbone Savoie, une filiale de Rio Tinto Alcan spécialisée dans la fabrication de cathodes. Elle emploie 57 salariés.
L'Etat tente, de son côté, de rassurer. « Le PPRT ne devrait ni compliquer la réindustrialisation du territoire ni grever les projets d'extension des entreprises déjà implantées », affirme Remy Cortes, inspecteur de la Drire Midi-Pyrénées. La solution ? Inciter les entreprises à s'implanter... en dehors du périmètre potentiellement dangereux. L'exercice est beaucoup plus facile. D'ailleurs, Knauf Insulation construit une usine de laine de verre sur des terrains non exposés. Elle devrait à terme employer 240 personnes. .











