Laboratoires Pierre Fabre, pionnier dans le non-coté
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
DOSSIER Le groupe pharmaceutique est l'une des rares sociétés non-cotées à avoir ouvert son capital aux salariés. Il a organisé deux souscriptions, dotées d'un abondement attractif.
C'est en 2005 que Pierre Fabre décide d'ouvrir son capital à ses salariés. Jusqu'ici, le fondateur et dirigeant du laboratoire pharmaceutique détenait l'ensemble des parts. Mais il souhaite pérenniser l'activité et mettre la société à l'abri de toute spéculation, en cas de succession notamment. Avec un chiffre d'affaires de 1,58 milliard d'euros en 2006, en hausse de 6,5 %, l'entreprise pourrait, en effet, susciter les convoitises des investisseurs.
La valeur des titres est calculée par les commissaires aux comptes en fonction des résultats annuels et du patrimoine de l'entreprise. Deux souscriptions sont lancées, en décembre 2005 puis en juin 2006, réservées aux 8 920 collaborateurs.
Un coup de pouce de l'Etat
Avec une grande campagne de communication interne, mobilisant 130 salariés volontaires pour expliquer la démarche et les mécanismes du dispositif. Le groupe de Castres (Tarn) accorde des conditions très favorables avec un abondement calculé en fonction de l'ancienneté et du niveau d'investissement des salariés. Un collaborateur embauché depuis moins de cinq ans bénéficie de 100 % d'abondement jusqu'à 750 euros d'apport personnel, et 50 % au-delà. Pour un collaborateur ayant plus de quinze ans d'ancienneté, l'abondement s'établit à 250 % jusqu'à 750 euros d'apport et 200 % au-delà.
Soutien syndical
Le succès est au rendez-vous : 96 % des salariés souscrivent des parts du FCPE et détiennent 3,7 % du capital. L'investissement est déjà rémunérateur : le titre a pris 7 % en un an, pour s'établir à 10,70 euros. Seul bémol, les salariés devront attendre cinq ans - la fin de la période de blocage - pour revendre leurs actions. « C'est un placement très intéressant, d'autant qu'il est défiscalisé. Et j'ai le sentiment de contribuer à mon échelle à la pérennité de l'entreprise », souligne Elodie Lanau, chargée de communication interne, qui a investi 2 900 euros dans l'opération.
Même les syndicats sont enthousiastes : « Il s'agit d'une reconnaissance importante, notamment pour les salariés fidèles puisque l'abondement est calculé en fonction de l'ancienneté. Et à terme, cet actionnariat garantit l'emploi en dissuadant d'éventuels acheteurs », estime Christian Bobillo, délégué de Force Ouvrière, le syndicat majoritaire. De quoi inciter la direction à aller plus loin. « D'ici trois ou quatre ans, nous comptons monter la part des salariés à 10 % du capital », annonce Jean-François Couret, le responsable de l'épargne salariale.
Maxime Amiot

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