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"La zone euro reste dans une situation dangereuse"

Par Solène Davesne - Publié le
Euros - Pièces
© Tom Raffery - Flickr - C.C.

  Les 27 Etats membres de l’Union européenne se sont une nouvelle fois penchés sur le sauvetage de la zone euro, lors d’un sommet de la dernière chance mercredi 26 octobre. Pour Nicolas Véron, économiste à l’institut Bruegel, un think tank basé à Bruxelles, le sauvetage de la zone euro devrait être encore à l’agenda du G20 la semaine prochaine. Pour lui, les Européens vont devoir aller vers plus de fédéralisme budgétaire.

L'Usine Nouvelle - La zone euro est-elle tirée d’affaire ?
Nicolas Véron - Je crois qu’il faut à la fois dramatiser et dédramatiser. La catastrophe est déjà là. En juillet dernier, tout le monde disait qu’il fallait à tout prix éviter la contagion à l’Italie. Résultat : nous y sommes et la contagion menace désormais d’atteindre la France. La situation est très dégradée, il ne faut pas le nier. En même temps, les investisseurs ont compris que nous sommes dans une situation difficile et ils attendaient moins de ce sommet que les dirigeants. Je ne pense pas que l’on verra une accélération subite des attaques sur les marchés financiers dans une semaine ou dans un mois. Par contre, la zone euro reste dans une zone dangereuse où le statut quo n’est plus possible.

Que peut apporter le G20 la semaine prochaine ?
Vu les circonstances, toute l’attention des dirigeants du G20 devrait être centrée sur les problèmes européens. Les autres questions, notamment de réformes du système financier, risque d’être reléguée au deuxième plan. Ceci-dit, le G20 peut être utile aux européens car il apporte le regard du reste du monde. Ne pas avoir que des européens autour de la table peut avoir un effet catalyseur et aider à obtenir une solution. C’est ce qu’on a déjà vu à Washington, en septembre.

Pourquoi en est-on arrivé là ?
Par leur incapacité à prendre des décisions, les dirigeants européens ont permis d’arriver dans une situation de grand danger. Mais il est vrai que les décisions qui s’imposent sont très difficiles à prendre. La solution, on la connait. Il faut aller vers plus de fédéralisme budgétaire. La politique budgétaire et le pouvoir de contrôle sur le secteur bancaire ne peut plus être au niveau de chaque Etat. Mais pour le moment, les dirigeants et les citoyens n’y sont pas encore prêt. 

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