La zone euro demande à Chypre d'introduire de nouvelles taxes

Publié le

par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - Les responsables de la zone euro souhaitent que Chypre relève son impôt sur les sociétés, instaure une taxe sur les plus-values et une autre sur les transactions financières en échange d'un renflouement à hauteur de 17 milliards d'euros, a-t-on appris jeudi à Bruxelles.

Chypre a sollicité en juin 2012 ce prêt, d'un montant équivalent à son produit intérieur brut, auprès de la "troïka" des bailleurs de fonds (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international), mais un accord n'a pu être scellé avec le précédent gouvernement dirigé par le communiste Demetris Christofias. Les négociations se sont intensifiées depuis l'élection à la présidence le 24 février du conservateur Nicos Anastasiades.

Un responsable au fait des discussions entre Nicosie et la troïka a précisé qu'aucune décision n'avait encore été prise sur les nouvelles taxes demandées par les créanciers. "Toutes ces options sont sur la table", a-t-il indiqué.

La taxe sur les plus-values pourrait être introduite temporairement, pour une durée de trois ans, et fournir au gouvernement un gain de 200 à 300 millions d'euros. L'impôt sur les sociétés, actuellement à 10%, serait relevé à 12,5%.

La création d'une taxe sur les transactions financières, qui sera mise en place à partir de 2014 dans onze pays membres de la zone euro, est une proposition de la troïka, mais Chypre s'y refuse pour l'instant. La taxe serait fixée à 0,01% des transactions sur les produits dérivés et 0,1% pour les actions et obligations.

Chypre a par ailleurs indiqué avoir reçu de la Russie, qui a des liens d'affaires étroits avec Nicosie, des signes d'une volonté de Moscou de participer au renflouement.

MOSCOU PRÊT À PARTICIPER

La Russie demande à bénéficier du même statut de créancier que la zone euro, ce qui lui permettrait d'être remboursée juste après le FMI, et un responsable au fait des négociations juge que cette demande sera probablement satisfaite.

Par ailleurs, des investisseurs russes sont intéressés par l'achat d'une part majoritaire dans Cyprus Popular Bank (CPBC) et l'augmentation de leur participation dans Bank of Cyprus, les deux principaux établissements du pays, touchées de plein fouet par l'annulation d'une partie de la dette grecque.

Le prêt de la troïka doit en partie servir à recapitaliser les banques de l'île pour environ dix milliards, mais aussi à rembourser la dette et financer les dépenses gouvernementales pour quelque sept milliards d'euros.

Le président Nicoas Anastasiades doit se rendre en Russie dans les prochaines semaines et chercher à obtenir le prolongement d'un prêt russe de 2,5 milliards d'euros, qui vient à échéance en 2016, ainsi que l'abaissement de son taux d'intérêt, actuellement à 4,5%.

L'Allemagne, soutenue par les Pays-Bas et la Finlande, réclame que les déposants des banques chypriotes, dont de nombreux hommes d'affaires russes et britanniques, participent au renflouement.

Berlin doute de la détermination de Nicosie à lutter contre le blanchiment d'argent, en particulier de fonds russes.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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