La Turquie menacée par la pollution au charbon
Par Redaction L'Usine Nouvelle - Publié leA l'heure où la guerre du gaz bat son plein entre l'Ukraine et la Russie, la Turquie est victime de sa trop forte consommation de charbon.
Le ministère de l'environnement et des forêts turc a effectué des relevés de l'air à Ankara, la capitale, et dans les provinces du pays, affichant un taux de pollution de plus de 9 000 microgrammes par mètre cube. Bien loin du seuil de 300 microgrammes par mètre cube, jugé raisonnable par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Le niveau de souffre dans l'air s'élève à 2,5%, contre 1% recommandé.Selon le professeur Semra Tuncel de l'université des technologies d'Ankara, la population « est empoisonnée et les personnes souffrant d'asthme, de problèmes cardiaques, les nouveaux-nés et les personnes âgées sont en réel danger ». La faute à l'importante consommation de charbon en Turquie, d'après le Monde du 4 janvier.
Cette forte consommation de charbon est surtout due aux prix trop élevés du gaz. En effet, en un an, les tarifs du gaz ont progressé de 72%, parfois sans réelle justification. Par exemple, la dernière hausse de 22% réalisée par le gouvernement en novembre est intervenue alors que le principal fournisseur du pays, Gazprom, annonçait une baisse des tarifs.
Charbon gratuit
Les foyers modestes utilisent aussi le chauffage au charbon, pour profiter des distributions gratuites de sacs de charbon établies par le parti AKP depuis 2003. Selon le ministre de l'intérieur, Besir Atalay, près de 5,8 millions de tonnes de charbon ont été distribuées ainsi.
L'opposition y voit une mesure populiste, d'autant plus mise en avant à l'approche des élections municipales de mars 2009 pour soudoyer les citoyens. Selon elle, la qualité du charbon est mauvaise et augmente encore la pollution. « La population va payer un très lourd prix pour du charbon gratuit », note Semra Tuncel.
La Turquie possède de nombreux gisements de charbon en activité dans le mer Noire. L'OCDE avait noté dans son rapport du 16 décembre 2008 que la Turquie devait prendre des mesures pour réduire la pollution de ses centrales à charbon et tenter d'appliquer les standards européens de qualité de l'air.
Le chemin risque d'être encore long, car le prix du gaz n'a pas baissé au 1er janvier, comme l'avait promis le ministre de l'énergie, Hilmi Güler.
Barbara Leblanc











