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La télésanté en attente de validation économique

Le 02 février 2011 par Patrice Desmedt
Télésanté - Télé médecine

Les projets de télémédecine avancent, ce qui n’empêche pas la France de prendre du retard. Tel est le constat du colloque TIC & Santé 2011. Alors que la question de la rentabilité économique reste toujours sans véritable réponse.

C’est un constat mitigé qui a été dressé lors du colloque annuel « TIC & Santé », qui se déroulait mardi 1er février au ministère de l’Economie. « La France commence à prendre un retard avéré en matière d’e-santé, semonce d’entrée Michel Gagneux, président de l’Agence des systèmes d’information de santé partagés (ASIP). 15% des actes de radiologies et de pneumologies sont redondants, 120 000 hospitalisations pourraient être évitées chaque année. Les outils existent, mais les freins structurels sont puissants, comme la rigidité des organismes ou l’hyperspécialisation de la science médicale ». Mais, dans le même temps, Michel Gagneux remarque une réelle évolution en un an. « Nous sommes en train de passer à une phase opérationnelle de politique publique. Il est en train de se dessiner quelque chose. Jamais les liens entre les ministères n’ont été si étroits ».

Trois expérimentations en cours

Acceptons l’augure. La technologie est là. Reste à la mettre au service des usages, et à trouver un modèle économique. Il n’existe toujours pas d’exemple probant d’effet à moyen terme de réduction des coûts suite à un investissement public. Actuellement, l’heure est à la mise en place d’expérimentations. Les trois projets retenus suite à l’appel à projets « Développement de l’usage des technologies de l’information et de la communication associées aux dispositifs médicaux pour la prise en charge des maladies chroniques au domicile » étaient présentés lors de la journée : Respir@dom, un système de télémédecine destiné aux patients apnéiques,  CROM, qui vise à accélérer les sorties d’hospitalisation et Vigisanté, pour le dépistage en entreprise des personnes hypertendues. Sur ce dernier projet, « pour la première fois, plusieurs assureurs de complémentaires santé ont travaillés ensemble », souligne Isabelle Hébert, directeur des marchés santé et prévoyance du Groupe Médéric. Le système de télésurveillance et de télé-expertise repose sur un tensiomètre, un pèse-personne, un électrocardiogramme et un pilulier, tous communicants et reliés à la base qui assure la transmission des informations sur internet. « La télémédecine est un outil qui va nous permettre de travailler différents et faire évoluer notre métier vers plus de prévention et plus de service » insiste-t-elle.

Des blocages d’usages

Les expérimentations mettent en lumière les difficultés de mise en œuvre. « La pratique se heurte à beaucoup de difficultés, explique le docteur Alain Refrais, président de l’association Santé Service impliqué dans le projet CROM. Il est difficile d’appliquer les protocoles. On peut tout faire avec la technique, mais il faut respecter la vie privée des patients. Nous sommes là pour aider le patient dans sa pathologie, pas pour lui ajouter des contraintes supplémentaires ».  Il faut, aussi, mettre en place un filtrage réalisé par un homme. Si quelqu’un d’autre que le patient monte sur un pèse-personne communicant, ce dernier enverra un résultat faux…

A la recherche de l’équation économique

Eric Besson, ministre chargé de l’Industrie, de l'Énergie et de l'Économie numérique est venu apporter son soutien, et rappeler sa volonté de fédérer les acteurs, rapprocher le monde de l’industrie et le monde du médical pour voir l’émergence d’une filière : « Nous voulons favoriser le développement le marché porteur de l’hospitalisation à domicile ». Et de rappeler que le remboursement des consultations à distance vient d’être rendu possible. Un point d’orgue pour la première demi-journée, pendant laquelle les différents intervenants ont chacun évoqué la question de l’équation économique. Qui apportera des outils d’analyse fiables dans ce domaine ? « L’hypothèse que le changement sera mené par les sociétés privés est-elle la bonne, s’interrogeait l’un des participants. Si elle n’est pas validée, ne faudrait-il pas revoir le mode de financement ? ». La télésanté n’est pas encore sur une voie royale…

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