La Suisse préfère le Gripen de Saab au Rafale

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Gripen - Saab Group
© D.R. - Saab Group

Alors qu’il partait favori, le Rafale de Dassault n’a visiblement pas séduit nos voisins helvètes. Le Gripen de Saab l'emporte notamment en raison de son faible coût d'acquisition et d'entretien.

Après quelques heures d'attente et de rumeurs, le Conseil fédéral l'a confirmé : il a bien choisi le Gripen de Saab pour remplacer les chasseurs F-5 Tiger vieillissants des forces aériennes suisses. Il laisse ainsi sur le tarmac le Rafale de Dassault et l’Eurofighter du consortium EADS-Cassidian.

Derrière ce choix de la Suisse, c'est le remplacement de la flotte de Northtrop F-5 Tiger qui est en jeu, mais aussi un contrat industriel dont le groupe national Ruag pourrait profiter. L'entreprise nationale, confrontée à des difficultés économiques fae à la hausse du franc suisse, serait en effet associée à la construction des 22 chasseurs commandés pour les forces aériennes suisses.

Avec ce contrat évalué par le ministère de la Défense à 3,1 milliards de francs suisses (2,5 milliards d'euros environ), Saab signe là une belle victoire pour son chasseur JAS-39 E/S Gripen NG. L'appareil était donné bon dernier dans les deux rapports d'évaluations techniques établis en 2008 et 2009 face à ses concurrents, le Rafale et l'Eurofighter. Son premier atout reste son prix catalogue, le plus bas de tous : une cinquantaine de millions d'euros selon des estimations diffusées par la presse suisse, contre 110 millions environ pour le Rafale. Ses prix s'entendent avion nu, sans pièces de rechange et armements.

Dans un communiqué, le Conseil fédéral suisse précise d'ailleurs les arguments économiques de son choix : "le Gripen est sensiblement plus avantageux que les deux autres offres, non seulement à l'acquisition mais aussi en ce qui concerne les coûts d'entretien. Cette décision permet d'acquérir un avion performant sans compromettre d'autres domaines de l'armée ni leurs équipements indispensables."

Reste que le Gripen proposé par Saab est un modèle encore en développement. Il s'agit du NG, version améliorée du Gripen C/D testé en 2008 par les pilotes suisses. Le constructeur suédois le dote d'un nouveau radar notamment et d'un nouveau moteur plus puissant fourni par l'américain GE. Saab Group doit maintenant régler les modalités de la commande avec ses interlocuteurs suisses. Le contrat final étant soumis pour validation au Parlement du pays en février 2012.

Outre l'armée suédoise, Saab a déjà livré son Gripen en Afrique du Sud et en Thaïlande. Il reste en compétition au Brésil face au Rafale et au F/A-18 Super Hornet de Boeing.

Pour le français Dassault, le choix suisse obscurcit encore davantage les chances d'exportation de son Rafale. En effet, pour le moment le seul acheteur pour son avion de combat est l’Etat français… Les gros espoirs qui reposaient sur les épaules de la Suisse sont aujourd’hui déçus.

La chance la plus proche maintenant est en Inde. Dassault attend en effet une décision des autorités indiennes qui devrait intervenir d’ici à la mi-décembre pour un duel entre le Rafale et l'Eurofighter.

Le Gripen en démonstration en Suisse en septembre 2011

Par Astrid Gouzik et Stéphan Julienne

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9 réactions

Broquere | 01/12/2011 - 07H13

Le temps des commandes imposées par les États est révolu : il faut être compétitif ! Cela semble difficile à comprendre pour les Français...Et pourtant les produits semblent bons ou meilleurs comme le serinent les Étatistes.

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sven | 30/11/2011 - 23H24

C'est quand même terrible, on arrivera jamais à le vendre ce machin ! Monsieur Serge doit encore être déçu. Heureusement qu'il y a des miniatures à mettre chez soi, sinon on en verrait pas beaucoup.

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Helvète | 30/11/2011 - 23H03

Un choix pragmatique: un équipement "bon marché" pour soulager les finances fédérales alors que tout pousse à la rigueur, et qui correspond à l'utilisation "réelle". La probabilité d'une guerre est faible, le territoire suisse n'a pas besoin d'une maîtrise totale du ciel, les faiblesses de la performance pouvant être compensées par une connaissance et une maîtrise de la topographie.

Même l'aspect en développement du Grippen est intéressant : cela permet à Ruag de devenir un développeur de l'électronique et non plus seulement un assembleur. Et finalement la Suisse a déjà de nombreux projets communs avec l'industrie militaire suédoise (char de grandier). Bref, un choix pragmatique.

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magnitologo | 30/11/2011 - 22H14

Très bien pour le choix du CF, le nain Sarko apprendra peut-être qu'il est commercialement contre-productif d'attaquer constamment la place financière suisse.

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jdfcar | 30/11/2011 - 21H03

Ça me fait beaucoup rigoler l’affirmation de M.Matthias2 « Une petite pensée pour les aviateurs suisses qui doivent être plutôt dépités en ce moment... » Penser qu’on achète a coups de milliards des avions pour faire plaisir aux aviateurs, c’est quoi cette plaisanterie ?

La guerre et les achats de guerre sont une chose trop sérieuse pour les laisser aux militaires. Si les militaires avait du bon sens …ils ne seraient pas militaires ! Les Suisses sont beaucoup moins cons que la plupart des autres pays. C’est la raison pourquoi ils n’ont jamais connu de guerre et ne sont pas pauvres.

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james49 | 30/11/2011 - 18H56

hahaha, je rigole. Qu ils sont bêtes ces Suisses. Ils choisissent le plus nul des avions qui est trop lourd et tres vunerable. Un Rafale s amuserait en vol.

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james49 | 30/11/2011 - 18H55

Il n y a pas d'équivalent actuellement. Le Rafale est le meilleur et redoutable en vol. D'ailleurs, hier soir, sur Planète +, le Rafale était confronter à des avions américains et pas de problème pour le Rafale, très supérieur partout d'ailleurs. Alors laissons ces Suisses et leur camelotes, ils jugeront plus tard l'erreur.

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Jerry | 30/11/2011 - 18H23

La Suisse en guerre ! Elle a toujours adopté un statut neutre, pourquoi payer beaucoup plus cher un joujou qui ne servira jamais en temps de paix mais de "guerre économique"!!!

Le Rafale comme le TGV ne sont pas adaptés à des pays qui, comme nous, ne vivent que de subventions. Ils veulent du concret, soit un outil rentable par son utilité propre et non l'adjonction d'aides étatiques et ou subventions de l'Etat pour les rentabiliser.

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Matthias02 | 30/11/2011 - 18H22

On se demande à quoi ont servi les "grandes manœuvres" de l’État Helvétique qui a élaboré un cahier des charges précis, a évalué les appareils concurrents de manière drastique durant des mois pour choisir in fine celui qui ne remplit pas les critères demandées (ou qui n'a même pas été évalué s'il s'agit du Gripen "NG", avion sur plans...), tout cela parce qu'il sera "légèrement moins cher" à l'usage...

Ce qui reste à démontrer d'ailleurs dans le temps. En effet, les américains qui fabriquent près de 75% de l'appareil (avionique et réacteur, rien que ça...)ne sont pas très soucieux des finances de leurs clients. C'était d'ailleurs le coût prohibitif de la maintenance des F5 qui a fait que les appareils US n'avaient pas été sélectionnés pour cette compétition (n'oublions pas non plus que ce contrat-là a été entaché par un énorme scandale de corruption ... d'où certainement la volonté de l’État fédéral d'être clair sur celui-ci.)



Vu comment les choses de passent depuis pas mal de temps pour ce genre de contrats, il serait peut-être plus économique pour tout le monde de simplifier les appels d'offres, de demander un devis et un prospectus sur l'appareil pour décider du choix.



Une petite pensée pour les aviateurs suisses qui doivent être plutôt dépités en ce moment...

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