La station internationale, l’exemple de coopération à suivre
Le 09 février 2010 par Hassan Meddah
L’assemblage de la station spatiale internationale (ISS) touche à sa fin. A sa seconde tentative, la navette américaine Endeavour a bien décollé lundi matin de Cap Canaveral en Floride avec à son bord deux modules pour compléter le laboratoire spatial. L’élément le plus complexe baptisé Node3 permet recycler l’eau et générer l’oxygène; le second, le Cupola servira de centre de contrôle durant les sorties des astronautes.
Confiant dans l’intérêt des chercheurs pour cette installation unique en son genre, deux des principales agences spatiales actionnaires de ce projet, la NASA américaine et l’ESA européenne ont décidé de prolonger de cinq ans la durée de vie de l’ISS. Au lieu de 2015, elle sera exploitée jusqu’en 2020. « On a désormais dix ans devant nous d’exploitation de l’ISS. Cela nous ouvre des perspectives totalement différente», se félicite Jean-Jacques Dordain, directeur général de l’ESA, l’agence spatiale européenne.
Ce faisant, les agences valident leur modèle de la coopération internationale. Cette collaboration permet avant tout de partager les coûts dans une période où les crédits publics se font de plus en plus rares. Ainsi les 100 milliards d’euros coutés par la station internationale, se sont partagées entre Russes, Américains, Japonais, Canadiens et Européens. Bernardo Patti, directeur du programme ISS pour l’agence spatiale européenne (ESA), relativise donc l’investissement réalisé par l’Europe sur la durée totale du projet. « C’est de l’ordre de un euro par an par européen», explique-t-il.
Confiant dans ce modèle, l’ESA voudrait même attirer de nouveaux pays. « Le partenariat actuel n’est pas fermé. Il faut s’interroger maintenant sur l’élargissement de cette collaboration au-delà des cinq premièrs partenaires. A la Chine, l’Inde, la Corée du Sud…. … », souligne Jean-Jacques Dordain. La règle de fonctionnement pour le partage des ressources de la station orbitale serait celle actuellement en cours. « Le niveau d’utilisation est proportionnels aux investissements consacrés», explique le directeur général de l’ESA. Aujourd’hui l’Europe a contribué pour environ 8 milliards d’euros à l’ISS, elle dispose donc de 8,3% des ressources de la station et en particulier du temps disponibles aux astronautes, soit 13 heures par semaine.
Ce modèle rôdé, les agences espèrent bien ensuite l’appliquer à de nouvelles conquêtes spatiales, comme un retour sur la Lune ou un atterrissage sur Mars.
Hassan MEDDAH

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