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L'Usine de l'Energie

La station géothermique de Clichy-Batignolles, maillon du plan climat de Paris

Cédric Soares , , ,

Publié le , mis à jour le 24/02/2017 À 19H03

Reportage Eau de Paris et la Compagnie parisienne de chauffage urbain ont inauguré, jeudi 23 février, la centrale géothermique de l'éco-quartier Clichy-Batignolles dans le XVIIème arrondissement de Paris. Ces installations vont permettre de produire 83% des besoins en chaleur des 7 500 habitants attendus d’ici 2020.

La station géothermique de Clichy-Batignolles, maillon du plan climat de Paris
Belvédère du parc Martin Luther King dans l'éco-quartier de Clichy-Batignolles à Paris

Une poignée de joggueurs profite du calme olympien du parc Martin Luther King. C’est un matin de février ordinaire dans un quartier qui l’est beaucoup moins. La ZAC Clichy-Batignolles, située dans le nord-ouest de Paris, a été pensée pour accueillir le village olympique lors la candidature de Paris à l’organisation des JO 2012. Aucun athlète n’a foulé le sol de ce bout du XVIIème arrondissement, mais le quartier est devenu un champion du Plan d’action climat-énergie de la ville de Paris.

La capitale veut réduire de 25 % sa consommation d’énergie et l’émission de gaz à effet de serre sur la période 2004-2020. Inauguré jeudi 23 février, la station géothermique du nouvel éco-quartier Clichy-Batignolles doit permettre de couvrir 83% des besoins en chaleur des 7 500 habitants prévus d’ici 2020.

Un projet témoin pour la production d'énergie locale durable 

Un espace vert sépare les immeubles flambants neufs aux façades recouvertes de panneaux de bois, de ceux en cours de construction aux murs en béton encoe nus. Les partenaires du projet se sont donné rendez-vous sur le belvédère qui surplombe le parc.

"La station est une unité de production locale alors qu’en France il n’y a que des mastodontes dans l’énergie. Ca prouve qu’on peut le faire", assure Célia Blauel, maire adjointe de Paris cahrgée du développement durable et présidente de l’opérateur Eau de Paris. "C’est une grande fierté d’inaugurer ce matin avec Eau de Paris les installations de ce nouveau quartier emblématique de Paris. Celui-ci a été conçu et construit dans le strict respect de la politique environnementale menée par la Ville de Paris qui vise à rendre son territoire attractif et respirable", ajoute Frédéric Martin, président de la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU) et directeur général d’Engie France Réseaux. En octobre 2016, la compagnie a inauguré une plate-forme logistique biomasse à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).

Signature de la convention d'exploitation de la station géothermique du quartier Clichy-Batignoles par Célia Blauel, maire adjoint de Paris chargée du développement durable et présidente de Eau et Paris, et Frédéric Martin, président de CPCU et directeur général d’Engie France Réseaux

CPCU et Eau de Paris opére la station. Le cout du chantier s’est élevé à 12 millions d’euros, l'Agence de l'eau Seine Normandie a apporté une subvention de 880 000 euros et le fonds chaleur opéré par l'Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie Ademe) et la région Ile-de-France 1,4 million d’euros. "On est vraiment dans une approche intégrée, globalisante et exemplaire", souligne Joëlle Colosio, présidente de l’antenne francilienne de l’agence environnementale.

Un chantier au cœur du quartier

L’utilisation de l’énergie géothermique est rendue possible par la nappe phréatique de l’Albien. Sa surface de 100 00 Km² située à 650 mètres sous le sol parisien offre 700 milliards de m³ d’eau protégés des pollutions de la surface. Le forage a débuté en 2014. Les travaux de mise en service des deux puits de la station ont couru sur 2016 : juillet pour le premier et décembre pour le second. L’extraction des premiers kilowatts énergétiques a commencé en février 2017.

Le projet géothermique a eu un impact sur la conception et le génie civil de l’ensemble du quartier. A l’inverse, les travaux du pont et de la passerelle en lisière du quartier ont causé plusieurs mois de retards dans la construction de la station.

50 m² d’installations pour chauffer 50 hectares

Les installations situées à l’extrémité du parc Martin Luther-King sont pour l’instant visibles. Elles seront entièrement recouvertes  par la végétation lorsque les travaux du quartier seront terminés en 2018. L’ensemble des équipements accessible tient dans à peine 50 m². Ils permettront, à terme, de chauffer 54 hectares.

L’intérieur est composé de trois salles. Deux sont utilisés par Eau de Paris pour gérer l’extraction de l’eau à 30°c puis sa réinjection, en bout de circuit thermique, à 10°C. Les deux puits, situés sous la station, sont séparés de 650 mètres pour éviter que l’eau, en bout de chaine, ne refroidisse la nappe phréatique. 

Conduits d'extraction d'eau chaude dans la première salle exploitée par Eau de Paris

Le dernier local est exploité par le CPCU. Les échangeurs s’y trouvant récupèrent les calories issues du différentiel thermique entre l’eau en entrée et la sortie du cycle.

Conduits de distribution situés dans la salle exploitée par CDCU

 L’eau est ensuite chauffée et acheminée à 45° pour le chauffage et 63° pour l’eau courante.

Circuit de chaleur de la centrale géothermique de l'éco-quartier de Clichy-Batignolles

Comparée à une chaudière à gaz de condensation, la station géothermique génère cinq fois moins d’émissions de CO². En dix ans, les économies estimées sont de l’ordre de 35 000 tonnes d’émissions.

 

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