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L'Usine de l'Energie

La sortie du nucléaire prônée par Hamon et Mélenchon coûterait 217 milliards d’euros

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

L’Institut Montaigne a fait un chiffrage brut de la sortie du nucléaire à l’horizon 2035. Avec les seuls critères mesurables, la facture s’élève à 217 milliards d’euros. Restent des éléments non quantifiés comme l’impact environnemental ou les incidences sur le tissu industriel français.

La sortie du nucléaire prônée par Hamon et Mélenchon coûterait 217 milliards d’euros © Michel Gunther / afp

L’Institut Montaigne, un think-tank libéral et plutôt favorable à l’énergie nucléaire, s’est attaché à chiffrer le coût brut de la sortie de l’atome en France comme le prônent le candidat socialiste Benoît Hamon - sous l’influence de l’ancien candidat EELV Yannick Jadot - et le candidat de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Ce travail a été mené par le think-tank car "L’étude d’impact de la loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) ne procède ainsi à aucun chiffrage de la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique", peut-on lire.

Ce travail ne prend pas en compte la création de valeurs liées au développement de nouvelles filières industrielles pour remplacer le nucléaire. C’est un calcul brut de la sortie de l’atome en 2035, avec un jalon à 50 % de nucléaire dans le mix électrique en 2025. Quand bien même le think-tank s’interroge sur "la capacité technique à suivre cette trajectoire", elle arrive au chiffrage suivant. La sortie du nucléaire coûtera 10,1 milliards d’euros par an d’ici 2025 puis 13,6 milliards d’euros par an jusqu’en 2035.


Ce montant est calculé en prenant en compte six postes de dépenses majeurs. Parmi eux, trois sont clairement chiffrés par l’institut Montaigne :  

Le coût d’investissement dans de nouvelles capacités de production d’électricité, principalement renouvelables. En prenant en compte, la baisse progressive des aides aux renouvelables, les auteurs chiffrent ce poste à 8 milliards d’euros par an entre 2018 et 2025, puis 11,5 milliards d’euros au-delà. Pour un montant de total de 179 milliards d’euros.

Le coût d’adaptation du réseau pour absorber le développement des énergies renouvelables intermittentes et dispersées sur le territoire. En se basant sur des scénarios de RTE (Réseau de transport électrique), on atteint 13 milliards d’euros jusqu'en 2035.

Le coût d’indemnisation de l’exploitant (EDF) et des actionnaires des centrales. En se reposant sur un scénario parlementaire et sur l’indemnisation négociée entre EDF et l’Etat pour la fermeture prochaine des deux réacteurs de Fessenheim (Haut-Rhin), les auteurs jugent que "l’indemnisation globale serait supérieure à 25 milliards d’euros", sans compter le non-démarrage de l’EPR de Flamanville avec une durée de vie prévue de 60 ans (aux environs de 30 milliards d'euros).

Trois autres postes ne peuvent pas être chiffrés :  

Le coût industriel et social pour les entreprises et employés de la filière nucléaire. "Ce coût est difficile à appréhender car une partie de la filière pourra continuer à exister à l’export, alors que d’autres entreprises – probablement les plus petites – ne pourront survivre à la sortie du nucléaire", écrivent les auteurs. La filière nucléaire compte 2500 entreprises pour 200 000 emplois.

Le coût "comptable" dû à l’avancement du calendrier des opérations de démantèlement et d’enfouissement des déchets. Les provisions de démantèlement ont déjà été questionnées par une étude parlementaire, mais l’Institut Montaigne note qu’un démarrage précoce du démantèlement pose des problèmes sur "l’existence d’une filière industrielle organisée pour répondre à un besoin massif soudain" et "la charge de désactualisation qui va peser très fortement sur les provisions d’EDF".

Le coût environnemental. L’Institut évoque une "augmentation significative des émissions de carbone" en raison du déploiement à des moyens de production alternatifs.

Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon chiffrent pour leur part l’abandon du nucléaire, du projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse), de l’EPR de Flamanville (Manche) à 100 milliards d’euros. Avec 217 milliards d’euros, l’Institut Montaigne ne semble cependant pas alourdir la facture à dessein. Le seul exemple comparable est celui de l’Allemagne qui a décidé la sortie du nucléaire (d’abord en 2003 puis l’a confirmé en 2011). Le pays compte 17 réacteurs dont 8 encore en fonctionnement. Tous doivent être à l’arrêt d’ici 2022. Rien que le poste de démantèlement anticipé est chiffré entre 40 et 70 milliards d’euros. En 2012, l’Allemand Siemens avait évoqué une sortie du nucléaire entre 1400 et 1700 milliards d’euros. 

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5 commentaires

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21/03/2017 - 01h18 -

L'Institut Montaigne acteur du lobby pro-nucléaire diffuse une étude avec des chiffres très incomplets. Si on ne sort pas du nucléaire, il va aussi falloir dépenser beaucoup d'argent et l'Institut Montaigne est muet. Le grand carénage qu'EDF veut faire pour prolonger tous ses vieux réacteurs jusqu'à 50 voire 60 ans à un coût pour EDF de 50 milliards d'euros, mais la Cour des comptes a donné un chiffre de 100 milliards d'euros jusqu'en 2035. Ensuite, pour continuer avec le nucléaire, il va falloir construire de nouveaux réacteurs dès 2020, soit une vingtaine sur 20 ans pour un coût de 10 milliards d'euros par réacteurs, ce qui fait 200 milliards d'euros. A cela va s'ajouter les coûts de combustible pour faire fonctionner les vieux et nouveaux réacteurs et bien sûr les déchets supplémentaires qu'il va falloir traiter, conditionner et stocker pendant des centaines d'années. Il me semble donc que le bilan est plutôt nettement favorable à la sortie rapide de l'énergie nucléaire.
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16/03/2017 - 09h20 -

Et combien coûterait un accident nucléaire majeur en France ? Maintenant imaginons qu'un pays développe un système de stockage puissant, assujettit aux énergies renouvelables, donc plus économique que ceux actuellement proposés comme les batteries ou l'hydrogène, comment ferait notre industrie pour s'adapter vis à vis de ses concurrents qui pourraient disposer d'une énergie moins chère et surtout moins risquée ?
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14/03/2017 - 19h18 -

Ils sont rigolos, les nucléocrates. Ils osent parler du coût astronomique de l'abandon du nucléaire alors qu'ils ne sont même pas capables de chiffrer le coût du nucléaire, une énergie hautement subventionnée dont la ressource provient de l'étranger (bonjour l'indépendance nationale !) En effet, on ne sait toujours pas comment stocker les déchets (quid, donc, du coût du stockage ?) ni à combien reviendrait le démantèlement des réacteurs nucléaires lorsqu'ils sont en fin de vie. D'ailleurs, ils ne savent tellement pas comment faire avec les vieilles centrales qu'ils les prolongent indéfiniment, avec tous les risques que ça comporte in fine.
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14/03/2017 - 13h29 -

Ils sont rigolos, les nucléocrates. Ils osent parler du coût faramineux de l'abandon du nucléaire alors qu'ils ne sont même pas capables de chiffrer le coût du nucléaire, une énergie hautement subventionnée dont la ressource provient de l'étranger (bonjour l'indépendance nationale !) En effet, on ne sait toujours pas comment stocker les déchets ni à combien reviendrait le démantèlement des réacteurs nucléaires lorsqu'ils sont en fin de vie. D'ailleurs, ils ne savent tellement pas comment faire avec les vieilles centrales qu'ils les prolongent indéfiniment, avec tous les risques que ça comporte in fine.
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14/03/2017 - 10h54 -

Ainsi le démantèlement anticipé a un coût !!!! Et à quel coût chiffrez vous le démantèlement retardé, celui qui aura lieu après un accident nucléaire majeur ? Le coût des enfant cancéreux, des enfants malformés ? des territoires sinistrés pendant des décénies ? Le cout de la protection des installation contre les évènements climatiques imprévisibles. L'énergie renouvelable coute déjà moins cher que le nucléaire alors que les gains de productivité sont encore à prévoir. Mesdames et Messieurs de L'institut Montaigne, prenez des vacances, la France n'a pas besoin de vous. Vous ne servez à rien.
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