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La SNPE recevrait entre 100 et 150 millions d'euros de Total pour se retirer du procès AZF

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
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Le deal entre la SNPE et Total aurait été conclu le 12 janvier. Première en France, les caméras de l'INA filmeront de bout en bout le procès, qui débute le 23 février.

Selon une source proche du dossier, Total aurait proposé à la direction de la SNPE plus de 100 millions d'euros, voire 150 millions d'euros dans le cadre d'un accord amiable, au sujet du litige SNPE-Total occasionné par l'explosion d'AZF. En échange, la SNPE s'engagerait à arrêter ses procédures juridiques liées au procès civil, et à se retirer de la partie civile du procès pénal, qui commencera le 23 février. La SNPE aurait accepté le deal le lundi 12 janvier 2009, lors d'un conseil d'administration exceptionnel consacré au litige. 

Cet accord est en réalité le fruit du travail du prédécesseur d'Antoine Gendry, PDG de la SNPE depuis le 26 novembre 2008 : Jacques Zyss. Avant de diriger la SNPE, Jacques Zyss avait occupé des fonctions chez Total et y avait gardé des contacts. Sa nomination en juin 2004 n'avait pas été sans peine : les syndicats de la SNPE avaient alors considéré comme une provocation son passage chez Total, propriétaire via sa filiale Grande Paroisse de l'usine AZF à Toulouse. Lors de la catastrophe, l'usine de la SNPE - séparée de sa "voisine", propriété de Total Grande-paroisse, par la largeur de la Garonne - avait dû faire face à d'importantes séquelles financières. L'explosion du pôle chimique avait conduit le gouvernement à interdire la production de phosgène dans la Ville Rose, entraînant un plan social touchant 492 postes chez la SNPE.

Procès AZF, le film. Par ailleurs, le procès de la catastrophe de l'usine AZF, dont l'explosion a fait 30 morts et des milliers de blessés, sera intégralement filmé pour l'histoire et la postérité. Une première en France : seuls Barbie, Touvier et Papon jugés aux assises pour crime contre l'humanité ont jusqu'à présent vu leur procès couvert par les caméras de l'institut national audiovisuel (INA) . Cette décision à caractère exceptionnel a été annoncée jeudi 8 janvier, lors de l'audience solennelle de rentrée de la cour d'appel. Les images rejoindront les archives historiques de la justice : durant vingt ans, selon la loi, la consultation de ces enregistrements ne sera possible que sur autorisation. Total s'est toujours prononcé contre l'enregistrement des débats, et la défense n'exclut pas de déposer un recours, une fois l'annonce notifiée aux parties. Le procès doit s'ouvrir le 23 février à Toulouse, pour quatre mois.

Ana Lutzky

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