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La SNCF réfléchit à des TGV low-cost

Le 30 août 2010 par Yann Le Houelleur
Reuters-SNCF-TGV-quai

Guillaume Pepy, le président de la SNCF, a annoncé une réflexion, menée de pair avec Alstom, sur une nouvelle génération de TGV. Dans un premier temps, des offres supplémentaires seront proposées, destinées notamment aux familles modestes.

«Avec les dirigeants d’Alstom, nous sommes en train de réfléchir à une nouvelle génération de TGV, a laissé entendre Guillaume Pepy, le président de la SNCF, qui était l’invité du Grand Rendez-vous, une émission dominicale sur Europe1. Un projet de TGV dont Guillaume Pepy a esquissé «les grandes lignes», le dimanche 28 août 2010 : «(…) Certainement moins consommateur d’énergie, avec davantage de services à bord. Plus ouvert aux familles.» Puis le président a ajouté : «Nous travaillons sur le développement d'un TGV low cost.»

Mais pour l’instant, à défaut d’informations supplémentaires à ce sujet, la mise au point d’un nouveau matériel roulant semble un objectif assez lointain. Le TGV low cost, tout au moins dans un premier temps, consistera en des offres purement commerciales, s’inspirant du succès qu’ont remporté des initiatives telles que Prem’s, TGV 100 % Prem’s, Loisir réduits.

En 2009, l’offre de voyage à «prix d’ami» avait augmenté de 1,5 million par rapport à l’année antérieure. La directrice de la branche TGV, Barbara Dalibard, a donné des informations supplémentaires dans une interview accordée au Journal du Dimanche. «Cet été, nous avons vendu 2 millions de billets Prem’s.» (Des tarifs à partir de 22 euros, les billets étant non échangeables et non remboursables.) Un client sur huit s’est mis à voyager selon cette formule, alors qu’un client sur dix optait pour Prem’s en 2008. Barbara Dalibard a mentionné l’exemple du Téoz Eco reliant Toulouse à Paris, un train nocturne l'où on peut monter à bord à partir de 15 euros.

Il est permis de penser que les projets bouillonnant dans la tête des dirigeants de la Société nationale à propos des TGV low cost s’inscrivent dans le plan stratégique en cours d’élaboration, qui vise à mettre l’entreprise sur les rails d’une forte croissance à l’horizon 2015. Par ailleurs, c’est l’année prochaine que seront célébrés les trente ans du TGV, une année toute trouvée pour séduire les voyageurs. (Le premier tronçon du TGV Paris-Lyon fut inauguré le 22 septembre 1981 par le président François Mitterrand.)

17% de voyageurs en plus en juillet et août 2010

Augmenter de près d’un tiers le chiffre d’affaires : telle est l’ambition affichée. «Pour y arriver, il faut augmenter à tout prix la santé financière du TGV, qui contribue à 80 % au moins de la division Grandes Lignes de la SNCF», indique un consultant. Après avoir traversé une mauvaise passe, en 2009, le TGV a retrouvé du poil de la bête. En juillet et août derniers, ils ont accueilli 17 % de voyageurs supplémentaires par rapport à la même période en 2009.

L’annonce de tels chiffres précède de peu la publication de ses résultats financiers au premier semestre 2010 que doit faire la SNCF le mardi 31 août 2010. Lors du Grand Débat sur Europe1, Guillaume Pepy a garanti que l’opérateur ferroviaire, qui avait accusé de lourdes pertes en 2009, se trouvait «dans le vert au premier semestre 2010».


Ce mardi, entretiens SNCF-DB à Berlin


La journée de mardi, décidément, s’annonce chargée pour Guillaume Pepy, appelé à se rendre à Berlin pour s’entretenir au sujet de l’ouverture à la concurrence des chemins de fer européens avec Rüdiger Grube, le président de la Deutshe Bahn, la DB. Le même jour, le ministre français des Transports, Dominique Bussereau, rencontrera son homologue allemand Peter Ramsauer, pour discuter non seulement de ces problèmes ferroviaires mais également de la situation dans le transport aérien.

Les griefs sont nombreux entre la SNCF et la DB. Celle-ci, présentement, ne peut faire rouler ses trains sur le réseau français alors que la SNCF, par le biais de sa filiale Keolis est devenue le 3 ème plus important opérateur ferroviaire outre Rhin (un autre Français, Veolia, le précède quant aux parts de marché.) La SNCF, elle, reproche à la DB d’être toujours le propriétaire des lignes qu’elle exploite, alors que la gestion des infrastructures en France a été confiée à RFF, Réseau Ferré de France.

En Italie, la SNCF a pris 20 % d’un nouvel opérateur

A Berlin, les présidents de la SNCF et de la DB (Deutsche Bahn) vont tenter d’accorder leurs violons au sujet de la libéralisation dans le transport ferroviaire à l’échelle européenne. La DB enrage de ne pouvoir faire rouler ses trains ICE jusqu’à Londres sur le réseau français. Les normes de sécurité du tunnel sous la Manche sont si draconiennes que seules les rames d’Eurostar, une filiale de la SNCF, peuvent l’emprunter. Par contre, les Français ont pris un solide «essieu» dans le transport urbain ferroviaire en Allemagne, aussi bien Keolis, filiale de la SNCF que Veolia Transport. Lors de l’émission le Grand Débat sur Europe1, le 29 août 2010, Guillaume Pepy a relevé «la disparition progressive des monopoles ferroviaires en Europe.» Et il a appelé chacun à «respecter les règles de la concurrence.»

Mais le président de la SNCF ne s’est pas attardé sur ces tensions franco-allemandes. Il a préféré évoquer la situation dans un autre pays, l’Italie. «Le parlement a autorisé de nouveaux opérateurs à exploiter les liaisons entre Rome et Milan.» Guillaume Pepy a annoncé que la SNCF avait pris 20 % d’un opérateur qui s’était constitué dans ce but, un opérateur dont la locomotive est «un ancien dirigeant de Fiat».

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4 réactions

cadwin | 06/09/2010 - 16H43

Certes le TGV est rapide, dommage qu'il mette une heure pour faire Massy - Charles de Gaulle, dommage qu'il n'y ait pas beaucoup de place à bord (d'autant plus pour les bagages), dommage que les handicapés ne puissent pas y embarquer facilement, en fait je parle de quoi là: du TGV ou d'une bétaillère rapide? Finalement, il n'y a pas tant de différence que cela.

Vive la culture cheminote...

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le mataf | 05/09/2010 - 09H09

Monsieur PEPY devrait prendre les TGV qui viennent de la pointe bretonne (Brest ou Quimper) pour savoir que ces trains ne devraient avoir comme appelation que TPV (trains à petite vitesse). Ils ne sont des TGV qu'en raison de leurs tarifs. Quimper-Paris en 4
heures 30 sans les pannes...

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pdebano | 31/08/2010 - 17H10

Un admirateur de plus pour Guillaule Pépy suite au Grand Rendez Vous d'Europe1

Guillaume PEPY est un remarquable communicant qui sait nous faire prendre des vessies pour des lanternes.
Ainsi, il va réinventer le RER qui "dans les années 60 traversait Paris à 160 km/h". D'abord, c'est la RATP qui a inventé en France le concept de RER, qui l'a mis en place avec un matériel remarquable, mais la traversée de Paris se faisait à 100 km/h et non pas à 160 km/h comme l'a indiqué Mr PEPY. On notera que le RER 100% SNCF, Eole, traverse Paris à une vitesse beaucoup plus faible de 60 km/h.

Très fort Mr PEPY pour laisser entendre que l'ouverture à la concurrence n'est pas si grande que cela en Allemagne et ne concerne que les trains régionaux. Ce que l'on appellerait en France des trains Grandes Lignes est aussi ouvert à la concurrence (Veolia en exploite sous le label Interconnex). Quant à mettre le doigt sur le fait que la séparation entre l'infrastructure et l'exploitant n'est pas faite en Allemagne, il faut savoir que si, sur le plan juridique, la séparation RFF- SNCF est faite en France, c'est la SNCF qui entretient les voies de RFF et qui y règle la circulation.

En fait, pour Mr PEPY, la concurrence, c'est très bien mais ailleurs qu'en France. La SNCF ne s'en prive d'ailleurs pas et il serait intéressant de citer tous les pays où elle taille des croupières aux opérateurs nationaux. Pour la France, il faut l'organiser en mettant en place les mêmes règles de non productivité qui permettront à la SNCF de faire bonne figure. Les TER coûtent aujourd'hui en France 30% de plus que ce qu'ils devraient coûter, et ce n'est pas le statut du personnel qui est le responsable le plus important de ce gâchis.

"Le savoir faire en matière de RER intéresse les USA". En laissant sous entendre, mais il ne l'a pas dit, que c'est du RER SNCF dont on parle, quelle habilité pour occulter totalement la RATP qui, même si elle a des faiblesses, sait exploiter un RER bien mieux que ne le fait la SNCF.

En matière de fret, la SNCF va retirer un million de camions sur les routes, mais c'est sur les combien de millions qui y sont venus du fait du mauvais service assuré par Fret SNCF? Essayez donc seulement de joindre au téléphone un contact Fret (même SNCF d'ailleurs). Aujourd'hui, il n'y a plus de fermeture de lignes à la SNCF annonce Mr PEPY. Et c'est vrai parce que l'on ne ferme plus les lignes, mais on n'assure plus les dessertes (voir Ceregrain dans l'Ain).

En tous cas, Mr PEPY a gagné un admirateur de plus dans le domaine de la communication, moi!

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CROMAGNON | 31/08/2010 - 09H05

M. PEPY la culture cheminote existe de la vie du rail, à la bête humaine en passant par la résistance, appuyez vous sur ces valeurs pour faire rêver les cheminots sur un grand projet conquérent à l'échelle européenne, votre entreprise est aussi un peu de la France. De l'audace et bon courage !

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