La SNCF délocalise son informatique par procuration

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© Treehead - Flickr - C.C

En confiant une partie de son informatique à IBM, l’entreprise publique va voir 260 emplois délocalisés en Europe de l’Est. Un chiffre qui s’ajoutera aux 240 emplois déjà délocalisés au Maroc, en Pologne et en République Tchèque.

La SNCF serait-elle en train de délocaliser une partie de ses services informatiques par procuration ? Le choix d’IBM comme prestataire pour la surveillance du fonctionnement de ses logiciels donne l’occasion aux syndicats Sud-Rail, CGT Cheminots et UNSA de dénoncer cette pratique.

Le géant américain de l’informatique prévoit en effet d’assurer cette mission à partir de ses implantations en Europe de l’Est, ce qui revient à délocaliser les 260 emplois maintenus jusqu’ici par Steria, le prestataire actuel, au sein des services informatiques de la SNCF.

"Par ricochet, ceci va entraîner la suppression des 50 postes de collaborateurs de la SNCF qui travaillaient jusqu’ici avec ceux de Steria. D’ici 2013, il faudra s’attendre à la perte de 500 emplois au total", craint Hervé Guidici, secrétaire général de l’Union fédérale des cadres et agents de maîtrise de la CGT Cheminots.

Dans un communiqué, la SNCF reconnait le projet de délocalisation de 250 emplois par IBM en dehors de la France, après la délocalisation durant les 10 dernières années de 240 emplois : 90 au Maroc et 150 en Europe de l’Est.

Un autre transfert en vue

Mais l’entreprise insiste sur le fait qu’aucun emploi de ses centres d’appels téléphoniques n’a été délocalisé, et précise avoir engagé des discussions avec ses prestataires informatiques sur les conditions de délocalisation de ces emplois. Les syndicats sont d’autant plus remontés que la SNCF prévoit aussi de transférer l’informatique de gestion des ressources humaines à une filiale de Sopra à Madrid, en Espagne.

La CGT Cheminot voit dans la politique d’externalisation de l’informatique une stratégie déguisée de délocalisation axée seulement sur la réduction des coûts, au détriment des exigences du service public en matière de sauvegarde de l’emploi, de sécurité et de qualité de service.

"Depuis le transfert de l’informatique de pilotage du central de Lille en République Tchèque et de celui de Lyon en Pologne, nous faisons face à des défaillances accrus. Nous avons du mal à traiter les alertes de dysfonctionnement parce que ceux qui travaillent là-bas ne maîtrisent pas toujours le français. On se demande si au final ceci ne va pas coûter plus cher à la SNCF", s’interroge Hervé Guidici.

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