La situation grecque dope la demande d'obligations allemandes
Publié lepar Ana Nicolaci da Costa et Marius Zaharia
BERLIN (Reuters) - L'émission mercredi de 3,44 milliards d'euros de papier allemand à deux ans a rencontré un vif succès, les craintes entourant l'issue des négociations entre la Grèce et ses créanciers privés soutenant la demande des investisseurs pour ces investissements jugés sûrs.
L'adjudication de 2,5 milliards d'euros de dette portugaise a également attiré les investisseurs, même si les rendements n'ont pas diminué de façon spectaculaire.
L'Allemagne a placé 3,44 milliards d'euros de papier à deux ans à 0,25%, servant un taux de rendement inférieur à celui qu'elle avait consenti lors d'une précédente adjudication.
L'émission a produit un ratio de couverture de 2,2, contre 1,4 en décembre. Le rendement moyen s'est inscrit à 0,17% conte 0,29% le mois dernier.
Le recul des rendements allemands ne dissuade pas les investisseurs à la recherche de placements sûrs. Début janvier, Berlin était parvenu à placer 3,9 milliards à six mois avec un rendement négatif.
"Cela confirme l'intérêt pour les placements allemands, jugés sûrs, quel que soit le niveau du rendement", a commenté Alessandro Giansanti, stratège taux chez ING.
La Grèce et ses créanciers doivent à nouveau se rencontrer pour trouver une issue aux négociations portant sur l'implication du secteur privé dans l'échange de dette grecque.
Mercredi également, Lisbonne a émis pour 2,5 milliards d'euros de dette à court terme, sa plus importante adjudication depuis que le pays a sollicité un plan de renflouement l'an dernier, avec des rendements globalement en baisse bien que toujours proches de leurs pics historiques.
Le Trésor a levé 496 millions d'euros à trois mois pour un rendement inchangé par rapport à la précédente émission de ce type, à 4,346%.
A six mois, 754 millions d'euros de dette ont été vendus à un rendement moyen de 4,740%, contre 5,250% en novembre, a précisé l'agence de la dette IGCP. Le Portugal a également émis 1,25 milliards d'euros de titres à 11 mois - l'échéance la plus longue depuis l'an dernier -, servant un rendement de 4,986%.
Selon Achille Georgolopoulos, de Lloyds, ces bons ont surtout été achetées par des banques portugaises, qui ont utilisé les fonds à trois ans mis à leur disposition en décembre par la Banque centrale européenne.
Annika Breidthardt, Nicolas Delame pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat
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