La semaine du social et du management du 25 au 31 mars
Publié le
Retraites complémentaires, assurance chômage : accords en vue
L’ampleur des manifestations contre la réforme du régime général des retraites pouvait laisser anticiper des négociations difficiles et des syndicats de salariés peu enclins à signer les accords pour l’assurance chômage et les retraites complémentaires. Il n’en est rien. Côté réforme des retraites complémentaires, le texte sera adopté, alors même qu’il prévoit un alignement sur le régime général new look. Autrement dit, il faudra désormais avoir 62 ans pour toucher une retraite complémentaire. En outre, le principe d’une stabilité du taux de rendement est maintenu jusqu’en 2015, alors qu’il baissait tendanciellement. Les syndicats qui n’ont pas signé l’accord, notamment la CFE CGC, relativisent ce point, indiquant que pour les cadres ce taux reculera de 0,5%.
Pour le Medef qui était force de proposition, cette signature est aussi une victoire car elle entérine le principe d’une non-augmentation des cotisations pour les retraites complémentaires.
Cette stabilité des cotisations est aussi au cœur de l’accord qui devrait être ratifié pour l’assurance chômage, 4 syndicats de salariés ayant fait part de leur intention de le signer (FO CFE-CGC, CFDT, CFTC). Côté prestations, les règles resteront les mêmes à quelques exceptions près (régime d’indemnisation des saisonniers, possibilité de cumul du chômage et d’une pension d’invalidité).
Ces deux négociations marquent l’acceptation par la majorité des partenaires sociaux de ne pas charger la barque des charges sociales. Elle voit aussi FO adopter une attitude moins radicale que ces derniers mois, le syndicat ratifiant les deux accords. A l’inverse, la CGT ne signera aucun de ces deux textes.
La laïcité concerne aussi le monde du travail
Qu’importe si le débat enflamme le monde politique et les représentants religieux, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) a mené elle aussi un débat sur la laïcité. Dans le langage de la Halde, cela devient des consultations sur la question du fait religieux au sein de l’entreprise. Ces discrètes conversations ont emporté l’adhésion des participants qui « ont salué l’initiative novatrice de la Halde d’organiser une série de tables rondes sur ce sujet », est-il indiqué dans un communiqué rédigé et diffusé par la Haute autorité elle-même !
Selon l’autorité, le fait religieux ne pose pas trop de problèmes dans le monde du travail. Les chefs d’entreprises réussissent à trouver des solutions au cas par cas. Mais les préoccupations montent sur le sujet : le nombre de demandes d’information ou de clarification « sont en hausse », les dirigeants cherchant à réduire le risque juridique.
Les cas les plus litigieux concernent les salariés en contact avec le public, notamment dans les « services à la personne ou dans les établissements sociaux, médico sociaux et hospitaliers privés qui accueillent notamment des enfants et des personnes âgées ». La Halde se cherche toujours une position sur ce sujet. Après avoir dans un premier défendu le droit d’une salarié d’une crèche de Chanteloup-les-Vignes à porter le voile, elle a finalement décidé de lui retirer son soutien. Entre-temps la Halde avait changé de direction. Aujourd’hui elle se demande s’il ne faudrait pas appliquer à ces établissements qui réalisent des quasi-missions de service public les « obligations de neutralité afférentes aux agents publics ». Parions que ces questions continueront de se poser dans les années qui viennent.
Pôle Emploi : des progrès, sauf en calcul
C’est presque un satisfecit qu’a donné Jean-Louis Walters, le médiateur de Pôle Emploi, pour qui se souvient des dysfonctionnements enregistrés par l’organisme né de la fusion de l’ANPE et de l’Assedic. En 2010, ce sont 15 240 dossiers qui lui sont parvenus, majoritairement pour des problèmes d’indemnisation. En revanche, le médiateur est beaucoup plus critique vis-à-vis des pouvoirs publics, qui viennent perturber le travail des salariés de Pôle Emploi. Ainsi en est-il du plan « rebond pour l’emploi » annoncé en juin 2010, prévu pour 325 000 chômeurs de longue durée et qui n’aura finalement bénéficié qu’à 20 000 personnes. Pour sa part, la direction de Pôle Emploi indique que fin octobre 2010, le plan Rebond aurait concerné 118 000 personnes. En novembre dernier, le ministère du Travail estimait que 128 000 chômeurs en fin de droit s’étaient vus proposer une solution ! Même dans l’hypothèse la plus optimiste, c’est moitié moins que l’objectif annoncé. Surtout, le médiateur s’inquiète des effets d’annonce de ce genre de plan. La prise en charge des chômeurs de longue durée ne peut pas relever « d’opérations baguette magique mais [requiert] des opérations de longue haleine. »
Christophe Bys
A lire cette semaine dans L’usine nouvelle :
En couverture : Profession ouvrier
Mais aussi les secrets des managers travaillant avec des fonds de Private Equity
Et dans notre supplément France Allemagne : L’apprentissage des deux côtés du Rhin

dans la même rubrique
27/05/2012 Un mastère à l’international nuclear academy27/05/2012 Le papetier qui veut protéger les forêts
27/05/2012 Production












