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La semaine du Social et du management du 21 au 27 octobre

Publié le

Plus possible de délocaliser tranquillement…

Fait rarissime : la justice vient d’interdire la fermeture d’une usine et le licenciement de ses 350 salariés. Raison invoquée par le tribunal de grande instance de Nanterre, le 21 octobre : la société de matériel médical Ethicon "ne connaît pas de difficultés économiques" et s’insère dans un groupe (Johnson & Johnson) "dont les bénéfices ne cessent de croître". Pas banal car ses décisions interviennent en général longtemps après les fermetures dans des décisions prises par les tribunaux des prud’hommes… La direction a immédiatement annoncé qu’elle faisait appel. En juin 2010, elle avait annoncé au personnel sa décision de fermer son site d’Auneau (Eure-et-Loir), spécialisé dans la fabrication de sutures chirurgicales. Sa production devait être délocalisée en Amérique du Sud. Le tribunal n’a pas été convaincu : "les considérations de l’entreprise sur la sauvegarde de la compétitivité en raison de l’évolution du marché n’est pas pertinente", estiment les juges. En juillet 2010, le tribunal de grande instance de Troyes avait déjà annulé le plan social de Sodimécal (champs médicaux pour les blocs opératoires, dans l’Aube), au motif qu’il était sans cause économique.  La cour d’appel de Reims vient à son tour d’annuler, le 25 octobre, la liquidation judiciaire de Sodimécal.  Raison invoquée, ici aussi : la maison-mère, le groupe austro-allemand Lohmann et Rauscher, a "asphyxié sa filiale Sodimécal en la soumettant à la concurrence interne des usines chinoise et tchèque". Les juges ont décidé de mettre les groupes sous surveillance.

 

Des salariés las… avec des mains propres

C’est un des enseignements de la toujours très riche enquête de la Cegos sur le moral des salariés, qui vient contredire, ou pour le moins relativiser, les résultats des études montrant un recul de l’absentéisme. En effet, si, en cas d’insatisfaction professionnelle, 55 % des salariés déclarent provoquer une discussion franche avec leur manager, d’autres emploient des moyens beaucoup moins directs. 43 % des répondants déclarent ainsi "poursuivre leur activité en levant le pied en termes de rythme et d’intensité", tandis que 29 % "s’autorisent à prendre du temps pour soi au travail". Ils ne sont que 4 % à se rendre chez leur médecin pour obtenir un arrêt maladie. Rien d’étonnant si on en croît les conclusions de la note de conjoncture sociale d’Entreprise et personnel, sobrement titrée L’attente. Pour l’association de DRH, le climat actuel n’est pas à la fronde, conjoncture morose et incertitudes politiques obligent. A cette aune, il n’est guère surprenant que les salariés insatisfaits se désengagent en cas de problèmes.

Simultanément, le spécialiste de l’hygiène, Kimberly Clark fait de la bataille contre les germes et autres microbes au bureau un levier pour réduire l’absentéisme. Dans le dossier de presse, l’entreprise cite une étude indiquant que l’utilisation d’un désinfectant pour les mains et la mise en place d’un simple programme de sensibilisation des salariés à ces questions a réduit de 21 % l’absentéisme chez FedEx. Le gel hydroalcoolique parviendra-t-il aussi à remotiver les salariés français ?

 

C’est pas si facile … d’être une femme retraitée

Les lois peuvent se succéder pour combler l’écart professionnel entre les hommes et les femmes, l’appréhension de la retraite restent très différentes en matière d’argent révèle une étude de la banque HSBC menée auprès de 17 000 personnes à travers le monde. En France, 58 % des femmes quinquagénaires se disent inquiètes pour leur retraite (elles associent le mot retraite à difficultés financières), contre seulement 36 % des hommes du même âge. Parmi les causes qui pourraient expliquer cette différence, figure un nouveau paradoxe français. Bien que vivant en moyenne 6 ans de plus que les hommes, les femmes s’occupent moins de leur épargne retraite que les hommes. La répartition des tâches au sein du foyer est telle que "l’épargne des femmes va prioritairement aux enfants". Sachant qu’en outre, nombre d’entre elles mettent leur carrière entre parenthèses pour s’occuper des enfants, rien d’étonnant si la quinquagénaire voit arriver l’heure de la retraite avec angoisse.


Cécile Maillard & Christophe Bys

 

A lire cette semaine dans L’usine nouvelle :

Notre enquête, Compétitivité : le patronat monte au créneau

Et dans la partie guide Pour faire la différence évaluez les compétences

 

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