La semaine de l’économie
Publié leCompétitivité française, le verre à moitié vide ou à moitié plein
L’étude de COE-Rexecode sur « la compétitivité française en 2011 » peut donner lieu à deux interprétations suivant la propension de chacun à chercher l’éclaircie ou à préférer broyer du noir. Les pessimistes retiendront la poursuite de la dégradation des parts de marchés de la France dans les échanges mondiaux (de 3,5 % en 2010 à 3,3 % en 2011) et un recul de la part des exportations françaises dans celles de l’ensemble de la zone auro ( de 12,9 % en 2010 à 12,6 % en 2011). L’autre point noir c’est la hausse du taux de pénétration des importations qui n’est pas dû qu’à la facture énergétique mais bien aussi aux échanges de marchandises . Mais ce constat fait, il faut aussi savoir porté attention à des signaux faibles qui pourrait annoncer un inversement de tendance de long terme. Tout d’abord le rythme des pertes de part de marché se ralenti. Le repli du poids des exportations françaises dans les exportations européennes est plus modéré à partir de 2007 : alors que la tendance était de un recul de 2,8 % par an en moyenne de 1998 à 2007, il n’a été que de 1,2 % par an de 2007 à 2011. Avec notre grand voisin allemand, même tendance : de 1998 à 2007, le rapport des exportations françaises aux exportations allemandes de marchandises avait reculé de -3,2 % en moyenne par an. Entre 2007 et 2011, le recul a été limité à -1,2 % par an. La part des exportations françaises à destination des économies situées en dehors de la zone euro dans les exportations réalisées par l’ensemble des pays de la zone euro paraît se stabiliser depuis 2007 après un point bas touché fin 2006. Cette part a augmenté en Asie émergente ( hors Chine et Inde) et en Russie.
Le second élément qui pousse à l’optimisme est une étude plus qualitative sur la perception des produits français et étrangers (biens intermédiaires et biens d’équipements, la grande consommation et le luxe ne sont pas inclut dans l’enquête) par les importateurs européens. Si le résultat peine à se lire dans l’évolution des échanges, il peut être analysée comme un indicateur avancé de la compétitivité des produits. Cette perception est en nette amélioration. Les produits français ont gagné en compétitivité « hors prix » (c’est-à-dire les éléments liés à la qualité, à l’innovation, au service). Le contenu en innovation en particulier s’améliore alors que c’était un handicap régulier dans les précédentes enquêtes. Ces efforts font passer la production française au troisième rang des grands pays sur ce volet. Sure l’axe des prix, elle regagne des points tout en restant à la traîne (7ème rang). Au final, les produits français occupent le quatrième rang sur le rapport qualité prix, regagnant une place par rapport à la précédente enquête de 2009.
L’euro redonne de l’air aux exportateurs
La monnaie européenne est passée sous la barre des 1,28 dollars depuis jeudi, perdant près de 6,5 % de sa valeur en deux mois. Elle n’avait plus atteint ce niveau depuis septembre 2010. Par rapport à la monnaie japonaise, la chute de la monnaie européenne est encore plus importante, avec un recul à son plus bas niveau depuis décembre 2000. Pour les exportateurs européens, la glissade de l’euro est une bonne nouvelle car elle renforce leur compétitivité. Mais, si l’euro montre autant de signes de faiblesse, c’est aussi parce que la crise de la zone euro, loin d’être réglée, montre de nouveaux signes d’emballement. Ce sont les banques espagnoles, qui pourraient devoir provisionner 50 milliards d’euros supplémentaires, qui inquiètent désormais. Cette semaine, les dépôts des banques européennes auprès de la Banque centrale européenne ont battu des records (453 milliards déposés en une journée mardi), signe que les tensions sur le marché interbancaire sont toujours là.
2011 : les retards de paiement s’accumulent
Les clients mettent de plus en plus de temps à régler leur facture. Selon une étude réalisée par Codinf, le groupe associatif spécialisé dans la maîtrise du risque client, 34 % des entreprises ont enregistré une augmentation des retards de paiements en 2011 par rapport à 2010. Si l’industrie ne s’en sort pas trop mal, avec seulement 19 % d’augmentation des retards, quelques secteurs font exploser les compteurs. L’agro-équipement (46 %), le secteur du froid (38 %) et du BTP (27 %) emportent ainsi la palme des clients les plus mauvais payeurs.
Les délais de paiement dans l’industrie ne se portent toutefois pas trop mal au global. Les clients grands comptes de l’industrie respectent ainsi mieux les délais de paiement que les autres. Ils sont 70 % à payer au moins à 60 jours, dont 4 % à 30 jours, et seulement 3 % à payer au-delà de 90 jours. Ils se situent au-dessus de la moyenne globale de l’économie (65 % de paiements à 60 jours) et bien au-dessus du secteur des services (58 %).
Sans surprise, l’administration met plus de temps que le secteur privé à sortir le carnet de chèque. Seules 55 % des collectivités territoriales clientes de l’industrie respectent le délai de 60 jours, 8 % dépassant les 90 jours de délais de paiement. Pire, l’Etat ne règle ses fournisseurs industriels au moins à 60 jours que dans 45 % des cas, près de la moitié de ses factures étant réglées entre 61 et 90 jours.
Service éco de l'Usine Nouvelle

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