La semaine de l’économie du 31 octobre au 04 novembre 2011
Publié leLa BCE au secours de la zone euro
A peine arrivé à la tête de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi a dû s’atteler à une délicate tâche : voler au secours d’une zone euro en difficulté. Le nouveau président de la BCE a annoncé cette semaine une baisse du principal taux directeur de l’institution monétaire, qui passe de 1,5 % à 1,25 %. La baisse des taux était largement anticipée par les économistes avant la fin de l’année. Mais c’est la rapidité de la décision de la BCE qui les a surpris. Clairement inquiète des perspectives de croissance pour 2012, la BCE espère donner un ballon d’oxygène à la zone euro, en réduisant le coût du crédit et en poussant à la baisse l’euro par rapport au dollar. De quoi soulager un peu les entreprises et les exportateurs européens. Mais pour certains, la baisse des taux actuels de la BCE reste encore trop timide pour venir en vrai soutien de l’activité. « Revenir sur le précédent plancher de 1 % est un minimum à court terme », juge Bruno Cavalier, économiste pour Oddo Securities.
G20 : ce que veulent les patrons
Plus de coordination et peu de régulation. C’est en substance ce qu’ont réclamé les organisations patronales réunis pour le sommet du B 20. Renforcer les procédures collectives de lutte contre la corruption, accélérer l’entrée de la Russie dans l’OMC, fixer un prix élevé pour le carbone… : le rapport remis par Laurence Parisot, la présidence du Medef, aux chefs d’Etat du G20 liste une quarantaine de propositions résumées en 260 pages. Les grands patrons réclament une plus grande coordination des politiques économiques des pays du G20 et encouragent les Etats à assainir leurs finances publiques, « en appliquant des règles d’or adaptées en fonction des situations ». Réunis pour la deuxième fois, le B 20 entend surtout faire entendre plus fortement la voie des patrons dans les grandes discussions internationales. Le B 20 préconise ainsi de « mieux prendre en compte les recommandations du secteur privé au G 20 ». Les entreprises appellent notamment à prendre en compte l’avis des entreprises sur la plupart des sujets. Elles appellent aussi les Etats à utiliser la régulation avec parcimonie. Sur les marchés de matières premières ou la couverture de change, les entreprises mettent en garde contre un excès de régulation.
Les trésoriers se lancent dans l’autoanalyse
Les 15 et 16 novembre prochains, l’Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE) organisera ses journées d’études annuelles au Palais Brongniart, à Paris. L’occasion pour elle de faire un peu d’introspection sur son métier, en pleine évolution. « La crise a mis en lumière le rôle des trésoriers dans l’entreprise, estime ainsi Hervé Labbé, le directeur de la salle des marchés et des études macroéconomiques de France Télécom et membre de l’AFTE. De nouveaux risques sont apparus et le métier a pris plus d’ampleur. » La volatilité des monnaies et les risques de change afférents en sont l’un des exemples. La relation avec les banques, de plus en plus axée sur les placements et les dépôts de l’entreprise du fait des nouvelles normes de Bâle III, en est un autre. Plus question d’externaliser ces fonctions, devenues cruciales pour la gestion des grands groupes pris dans la tourmente financière. L’AFTE, qui est déjà partenaire d’un master « trésorerie d’entreprise » en apprentissage de l’université de la Sorbonne, entend d’ailleurs inciter les grandes écoles et les universités à développer la recherche sur le métier de trésorier afin de pouvoir continuer de défendre leur rôle dans les grands groupes.
Solène Davesne et Arnaud Dumas

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