© Fotolia
Egypte. La fin d’un monde
Il y a eu la Tunisie. Il y a maintenant l’Egypte. Ce vendredi devrait être le jour décisif pour l’avenir du régime d’Hosni Moubarak. Le dernier test. Pour l’économie, la contestation en Egypte, un pays de 70 millions d’habitants, a déjà un impact.
Très présents dans le pays, les industriels étrangers (les
français sont les 6
e investisseurs dans le pays) ont dû cesser depuis près d’une semaine leur activité et rapatrier leurs expatriés. L’
Usine Nouvelle suit heure par heure l’évolution de la situation. Le poids géostratégique du pays, sa position clef pour contrôler le trafic du canal de Suez, l’une des principales voies de passage des tankers, renforcent l’inquiétude des milieux d’affaires.
Pour les entreprises, la crise égyptienne marque surtout un tournant : le retour du risque politique y compris dans des pays jugés stables mais dont les systèmes étaient très inégalitaires et largement autoritaires. Le mouvement n’est pas fini et le mouvement pourrait inspirer, au-delà du monde arabe.
TVA sociale, le retour
C’est le débat dont le gouvernement ne voulait pas. En lançant le chantier de la convergence de la fiscalité française et allemande, Nicolas Sarkozy avait une idée en tête : s’attaquer à la seule fiscalité du patrimoine. Mais ce faisant, il a ouvert la boîte de pandore.
Car l’absence d’ISF n’est pas la seule différence entre la France et l’Allemagne. Au niveau de la compétitivité des entreprises, c’est bien la « TVA sociale » qui est le principal écart entre les deux pays. En 2007, l’Allemagne a augmenté de deux points son taux de TVA et a baissé en contrepartie le taux de l’impôt sur les sociétés et les cotisations patronales sur le travail.
Alors que la cour des comptes s’apprête à rendre ces prochaines semaines son rapport sur la fiscalité dans les deux pays, la TVA sociale est revenue au centre du débat. Jean-François Copé, Jean Arthuis, président de la commission des finances y sont favorables. Le gouvernement, lui, refuse d’en entendre parler. Croissance Plus, qui réunit les PME de croissance et la CGPME se sont engouffré dans la brèche. « Un allègement des charges sociales patronales et salariales encouragerait les entreprises à recruter et permettrait de relancer l’emploi en France. Il serait également un moyen d’augmenter les salaires des collaborateurs et donc d’influer positivement sur leur pouvoir d’achat », juge Croissance plus dans un communiqué publié le 4 février. Le débat n’est pas prêt de s’arrêter.
Innovation. La France toujours à la traîne
La France pointe à une peu glorieuse onzième place dans le nouveau
classement de l’innovation de l’Union européenne. Réalisé à partir de 25 indicateurs différents (mesurant l’effort d’innovation des entreprises mais aussi les aides disponibles ou l’impact économique de la R&D), l’étude classe la France parmi les pays « suiveurs de l’innovation », avec une performance proche de la moyenne européenne. Elle est largement distancée par les quatre « champions de l’innovation » (Allemagne, Danemark, Finlande et Suède). Autre élément inquiétant de l’enquête de la commission européenne : l’Union européenne ne réussit pas à combler son retard par rapport aux Etats-Unis et au Japon, alors que dans le même temps, le Brésil et la Chine rattrapent rapidement le leur sur l’Europe.