La semaine de l’économie du 28 novembre au 02 décembre 2011
Publié leLes PME cotées se rebiffent
Pas adaptées aux PME, les recommandations de l’AMF (Autorité des marchés financiers) ? Middlenext, l’association des valeurs moyennes cotées, en est persuadée et le fait savoir. Elle vient d’éditer un guide sur la « gestion de l’information privilégiée et la prévention des manquements d’initiés » à destination de ses membres. Il fait suite à la recommandation de novembre 2010 de l’AMF, prise suite à l’affaire EADS, qui visait à éviter les délits d’initiés dans les entreprises cotées en Bourse. « Nous avions fait des propositions à l’AMF qui n’en a pas du tout tenu compte, explique Caroline Weber, la directrice générale de Middlenext. Nous avons donc décidé ce que l’on veut ! »
L’association a réuni plusieurs acteurs du marché (Association française des entreprises privées, Association nationale des sociétés par actions, cabinets d’avocat, commissaires aux compte et une trentaine d’entreprises) pour élaborer son propre guide. Dix recommandations en sont issues avec pour objectif à la fois d’aider les PME à définir une politique de prévention des manquements d’initiés et de mettre en place des mécanismes d’information et de sensibilisation des personnes concernées.
« Pour chaque, nous évaluons les avantages et les inconvénients, pour que l’entreprise puisse adapter la recommandation à sa situation », souligne Caroline Weber. Un moyen d’éviter les lourdeurs administratives qui peuvent s’avérer inutiles dans les PME. « L’AMF recommande de nommer un déontologue dans l’entreprise, cite pour exemple la directrice générale de Middlenext, selon qui de plus en plus de grands groupes se dotent de cette nouvelle fonction. Nous disons aux valeurs moyennes : faites-le si c’est possible. »
Cette version « allégée » du guide de l’AMF devrait rassurer les PME cotées, en se protégeant contre les délits d’initiés sans crouler sous les démarches administratives. Cette lourdeur administrative rebute en effet souvent les dirigeants de moyenne entreprise. François Barouin, le ministre de l’Economie, doit justement recevoir la semaine prochaine un rapport du médiateur du crédit sur les freins à l’accès des PME à la Bourse.
Les banques centrales tentent de fluidifier l’accès au crédit
Les banques centrales des Etats-Unis, du Canada, de l’Europe, du Royaume-Uni de la Suisse et du Japon se mobilisent pour l’accès à la liquidité. Elles ont pris ensemble une série de mesures concertées afin de soutenir le système financier mondial. Cet accord vise notamment à réduire le coût de l’accès au dollar, afin de permettre aux banques européennes de revenir sur ce marché. Depuis l’été, les fonds monétaires américains hésitent en effet à investir dans les établissements européens, et notamment français, du fait des turbulences de la zone euro. Les banques ont par conséquent commencé à se retirer de certaines activités comme le financement d’avions, gourmandes en monnaie américaine.
Si les bourses ont salué cette mobilisation des six banques centrales, l’impact de ces mesures sur l’économie demeure incertain. « Ces coupes dans les taux d’emprunt sont les bienvenues puisqu’elles sont susceptibles d’offrir une solution de court-terme aux problèmes de liquidité, explique Manthos Delis, professeur d’économie à la Cass Business School de Londres dans un communiqué. Cependant, cet effet est susceptible d’être uniquement « de court-terme », et s’évaporera rapidement, peut-être même en l’espace d’une semaine, s’il n’est pas associé à un engagement de long-terme de la BCE à améliorer la liquidité, à un traité destiné à promouvoir de faibles déficits publics et à l’introduction simultanée d’eurobonds pour les pays qui acceptent d'appliquer des modifications des traités européens existant. »
L’industrie mondiale pique du nez
La production industrielle a ralenti en novembre. C’est en tout cas ce qu’indique l’indice PMI manufacturier global calculé par JP Morgan et Markit. L’indice se stabilise juste sous la barre des 50 points, qui signale une baisse de la production industrielle mondiale. Le ralentissement est mondial. En novembre, l’enquête PMI manufacturier (qui calcule le sentiment des acheteurs sur la conjoncture) a enregistré sa plus forte baisse depuis deux ans et demi en Allemagne et en France, où il a atteint son plus bas niveau depuis 29 mois. « La production et les nouvelles commandes se replient à des rythmes similaires à ceux observés au plus fort de la crise au premier semestre 2009 », s’inquiète ouvertement Chris Williamson, le chef économiste de Markit. Conséquence de la chute de la demande globale, la Chine a elle aussi enregistré le plus fort recul de sa production manufacturière depuis …. Mars 2009. Seuls les Etats-Unis se détachent pour le moment de ce climat morose. En novembre, l’activité manufacturière américaine a légèrement accélérée selon l’indice ISM manufacturier. Une bonne nouvelle, au moins. Mais l’industrie américaine reste encore trop faible pour tirer dans son sillage le reste du mond . « Dans le monde, une prévision optimiste serait de voir la production industrielle se stabiliser en 2012 par rapport à 2011», anticipe l’agence de l’ONU pour le développement industriel.
Solène Davesne

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