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La semaine de l’économie du 21 au 25 novembre 2011

Publié le

Le gouvernement s’active pour montrer son engagement auprès des entreprises

Le financement des entreprises inquiète le gouvernement. Le lundi 21 novembre au soir, Eric Besson, le ministre de l’industrie, a présidé une réunion de la Conférence nationale de l’industrie (CNI) au cours de laquelle les réseaux bancaires avaient été conviés. Avec pour ordre du jour, l’accès au crédit bancaire, qui devient de plus en plus difficile pour les industriels.

Pendant près de deux heures, les représentants des entreprises ont fait part des difficultés croissantes pour obtenir des crédits que ce soit pour financer les besoins en fonds de roulement, les investissements ou les lignes de crédit classique. De leur côté, les banques, représentées par Frédéric Oudéa, président de la Société Générale et de la Fédération bancaire française, et Baudouin Prot, le directeur général de BNP Paribas, ont expliqué l’impact sur le financement de l’économie des nouvelles réglementations prudentielles de Bâle III et des difficultés d’accéder au marché monétaire en dollars. « Ils nous ont dit que les financements longs ne se trouveraient plus du côté des banques, résume Thierry Noblot, le délégué général du Groupement des fédérations industrielles (GFI). Or les entreprises industrielles ont justement besoin de financements plutôt longs, plutôt patients, pour mener à bien leurs projets. Cela va donc créer des difficultés et plus l’entreprise sera petite, plus elle aura du mal à trouver de l’argent. »

Aucune solution n’a été évoquée pendant la réunion. Mais le ministre de l’Industrie a annoncé la tenue d’une deuxième réunion entre la CNI et les banques fin janvier-début février 2012. Avec cette fois, des propositions pour tenter de résoudre les difficultés d’accès au financement.

Le lendemain, Bercy a organisé une autre réunion avec les services décentralisés de l’Etat, la Banque de France, Oséo, la Caisse des dépôts et la médiation du crédit, pour aider les entreprises à maintenir leur activité. En prévision des difficultés économiques, les préfets devront garder un œil attentif sur les principales entreprises de leur territoire afin de trouver des solutions pour préserver l’emploi. Valérie Pécresse, la ministre du Budget, a de son côté annoncé un effort de la part des services de l’Etat sur les délais de paiements. L’administration fait en effet souvent figure de mauvais élève pour régler ses factures. D’ici mars 2012, toutes les factures inférieures à 5000 euros devraient pouvoir être réglées immédiatement. C’est un début… François Fillon, le premier ministre, avait déjà annoncé le 14 novembre un allégement des formalités administratives pour les commandes publiques d’un montant inférieur à 15 000 euros.

Enfin, mercredi 23 novembre, Eric Besson et Xavier Bertrand, le ministre du Travail, ont réuni le Comité stratégique de la filière automobile. Les constructeurs français et les sous-traitants sont, en effet, parmi les premiers touchés par la mauvaise conjoncture économique. Comme en 2008… Le comité stratégique a ainsi décidé de lancer un deuxième pacte automobile, après celui créé en février 2009, avec pour objectif de continuer à structurer la filière automobile en France. Surtout, Xavier Bertrand a déclaré que les dispositifs de chômage partiel et de formation pourraient, de nouveau, être mis à contribution en cas de baisse d’activité dans les usines.

Les allemands rient, les français pleurent

Les chefs d’entreprises allemands ont plus le moral que les Français. Selon l’indice IFO, le climat des affaires en Allemagne s’est légèrement amélioré en novembre, après plusieurs mois négatifs. L’indice atteint ainsi 106,6 après 106,4 en octobre (base 100 en 2005). Ce sont toutefois principalement les entreprises du secteur de la construction qui l’ont tiré vers le haut, l’industrie étant moins bien orientée.

En France, en revanche, les entrepreneurs font plutôt grise mine. L’indicateur du climat des affaires établi par l’Insee a perdu deux points en novembre, à 93 après 95 en octobre. Là encore, l’industrie n’est pas à la fête et voit son indicateur baisser. Notamment parce que les entreprises ont vu leurs carnets de commandes internationaux se réduire. Des informations confirmées par l’indice PMI, publié par Markit, qui recense l’opinion des acheteurs sur l’activité des entreprises. Selon le cabinet Markit, les commandes des industriels français ont enregistré leur plus fort repli au mois de novembre depuis 2009.

L’UMP dévoile son programme économique

L’UMP a dévoilé mardi 22 novembre, au cours de sa première convention nationale de présentation du projet 2012 à Lambersart (Nord), son programme économique et social. Avec, au cœur de son projet, le « made in France » pour encourager les industriels français à produire dans l’hexagone.

Pour soutenir la croissance de la production l’UMP propose de miser sur les PME pour leur permettre d’atteindre le stade d’entreprises de taille intermédiaire (ETI). "Nous manquons d’entreprises de taille intermédiaire qui embauchent, exportent et innovent", plaide ainsi le programme officiel.

Il propose pour y remédier plusieurs mesures pour faciliter le quotidien des petites entreprises, telles qu’un accès plus aisé au financement, une part réservée aux PME dans les marchés publics, la suppression des effets de seuil sociaux, le développement de filières export, le premier dépôt de brevet gratuit, le guichet unique pour les procédures administratives, etc.

Le parti de la majorité entend particulièrement miser sur quatre "filières d’excellence" en France (l’agroalimentaire, les énergies renouvelables, le médical et le numérique), sans encore détailler les moyens pour les développer. Il pérennise par ailleurs le principe du crédit d’impôt recherche, pour continuer d’inciter les entreprises françaises à innover.

Enfin, le coût du travail fait également l’objet d’un chapitre au programme UMP. Avec pour objectif d’inciter les entreprises à renégocier les temps de travail au niveau des branches, pour augmenter les durées. L’UMP souhaite également alléger le coût du travail, notamment en sortant le financement des allocations familiales du cadre des cotisations sociales, pour les faire financer par la fiscalité générale. Sans parler de TVA sociale, mais "d’impôt anti-délocalisation", le parti majoritaire souhaite transférer une partie des charges sociales vers plusieurs autres impôts (TVA, CSG, etc).

Parallèlement à toutes ces mesures, l’UMP réaffirme l’enjeu de faire baisser le déficit public avec un objectif d’équilibre en 2016. Pour cela le parti majoritaire propose de mettre le paquet sur les économies. Et que chaque nouvelle dépense soit compensée par des économies au moins équivalentes.

Ce qui revient au final au slogan assumé : "Produire plus et dépenser moins". Le "travailler plus pour gagner plus" s’est échoué sur le récif de la crise financière européenne.

Le reste du programme de l’UMP sera dévoilé en deux fois, le mardi 29 novembre pour le volet sécurité, justice et éducation, et le 6 décembre pour le volet international.


Arnaud Dumas

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