Japon : menace sur l’économie mondiale ?
Le drame japonais peut-il faire dérailler l’économie mondiale ? Le séisme de vendredi dernier devrait faire plonger l’économie japonaise « pendant un ou deux trimestres », affirment les économistes d’IHS global insight. Mais les conséquences pour l’économie mondiale devraient rester limitées. « Le Japon n’est plus le moteur de l’Asie depuis quelques temps. Cela veut dire qu’une croissance japonaise un peu plus faible ne devrait avoir qu’un effet limité sur le monde », juge le chef économiste Nariman Behravesh, qui estime le choc autour de « 0,1 % à 0,2% » du PIB mondial. C’est l’Asie du sud-est qui devrait être la plus touchée car très dépendante des pièces importées du Japon. « si les coupures de courant continuent après fin avril, les arrêts de production pourraient commencer à affecter les cycles industriels très intégrés en Asie au premier semestre 2011», poursuit IHS global insight. La Corée du sud (15 % de ses importations proviennent du Japon), la Thaïlande (20 %) et Taïwan (21 %) pourraient être concernés. L’Usine Nouvelle suit heure par heure l’évolution de la situation au Japon sur
son site internet.
Nicolas Sarkozy peine à se relancer sur l’économie
C’est presque devenu un rituel. Chaque année, Nicolas Sarkozy vient s’adresser à un parterre de patrons de PME. Cette semaine, c’est devant les 2 000 chefs d’entreprises du réseau Oséo excellence -des patrons de PME sélectionnés pour leurs performances par les équipes d’Oséo- que le chef de l’Etat s’est exprimé à Paris. Mais il avait peu de choses à dire. La seule annonce d’importance concerne le soutien aux fonds propres des entreprises. Nicolas Sarkozy a annoncé une rallonge d’un milliard d’euros pour les contrats de développement participatif distribué par Oséo. Une bonne nouvelle. Plébiscité par les entreprises, le dispositif de quasi fonds propres avait presque épuisé son enveloppe initiale d’un milliard d’euros, instaurée fin 2009 et qui a déjà profité à 1000 PME. Le Fonds stratégique d’investissement devrait aussi profiter d’une rallonge de 400 millions d’euros. Pour le reste, le chef de l’Etat promet de simplifier les procédures d’embauches de salariés.
Le FSI poursuit ses investissements
La crise passe, le Fonds stratégique d’investissement demeure. La filiale de la Caisse des dépôts et de l’Etat entend bien poursuivre sa mission en 2011. Augustin de Romanet, le directeur général de la Caisse des dépôts et le président du FSI, et Jean-Yves Gilet, le directeur général du FSI,
mettent en avant un bilan positif pour l’année 2010. En tout, le FSI a renforcé les fonds propres de 21 entreprises en direct, 65 via ses fonds connexes et 340 en comptant les fonds régionaux auxquels il participe.
« Nous avons investi dans 426 entreprises, pour un engagement total de 2 milliards d’euros et le tout dans de bonnes conditions de rentabilité », se félicite Jean-Yves Gilet. Le FSI a ainsi engrangé 646 millions d’euros de résultat net en 2010, principalement issus des dividendes perçus des sociétés de son portefeuille. Pour 2011, le fonds d’investissement public conserve des objectifs ambitieux. Il prévoit d’investir encore 1,7 milliard d’euros dans l’économie française, notamment en renforçant sa présence en région.
Solène Davesne