La semaine de l’économie du 10 au 14 octobre 2011
Publié lePrimaires socialistes J-2
L’économie a trusté le débat jusqu’au bout
Les sujets de société n’ont pas fait l’objet de discussion entre les deux candidats des primaires. En revanche, les recettes pour affronter la crise financière en Europe et piloter le budget de la France ont été largement exposées. Avec, au final, peu de points de différence.
Les questions de société ont occupé peu de place dans les débats entre les deux candidats des primaires socialistes, au profit de l’économie. Les sujets de société sont en effet peu clivants au sein du PS et l’actualité inquiétante sur le plan économique implique que chacun démontre sa capacité à assurer dans la tempête. Le seul thème, non directement économique, a été celui de l’éducation, avec la volonté de François Hollande de recruter 12 000 personnes de plus par an dans l’enseignement pendant 5 ans. Mais là encore, la discussion reboucle sur une querelle de chiffres car derrière chaque initiative, et sa dépense associée, la question du déficit budgétaire pointe son nez. On a donc beaucoup parlé cette semaine, de banques, de régulation aux portes de l’Europe, de gestion de la dette, de relance de la croissance. Mais il sera bien difficile pour les électeurs et sympathisants de gauche, de départager François Hollande et Martine Aubry sur ce terrain-là. Les deux s’accordent sur une grande réforme fiscale, une meilleure gouvernance européenne, une relance de l’économie par un soutien aux PME. Ils ont aussi de conserve, suite au très bon score d’Arnaud Montebourg, musclé leur discours sur la surveillance des banques avec une montée à leur capital, une séparation de la banque de détail et d’investissement et une meilleure gestion de la réciprocité des échanges extra-européens. Le seul point de différence reste les initiatives en matière de politique de l’emploi, avec un « contrat de génération » rejeté par l’ancienne Ministre du Travail au nom de son expérience. Autre proposition de François Hollande qui ne fait pas consensus chez les Aubristes : la pénalisation financière des licenciements boursiers, une idée issue de l’ex-pool de Ségolène Royal. Au final, c’est donc surtout sur une question de méthode et de tempérament que les électeurs se départageront.
FINANCE
Le capital investissement peine à trouver des fonds
Les jeunes pousses ont du souci à se faire. Les sociétés de gestion peinent à lever des fonds chez les institutionnels en particulier pour les premières phases de développement.
Inquiétude chez les investisseurs en capital. Les sociétés de gestion peinent à trouver de l’argent frais à investir dans l’économie. Les levées de fonds du premier semestre 2011 ont plafonné à 1,471 milliard d’euros, soit 6 % de moins qu’au premier semestre 2010 (1,571 milliard d’euros), et en baisse de 45 % par rapport au premier semestre 2007, juste avant la crise. « Cela fait six semestres consécutifs que nous levons moins de fonds que nous n’en investissons », s’alarme Chloé Magnier, la chef économiste de l’Association française des investisseurs en capital (Afic). Les investisseurs institutionnels hésitent en effet toujours à revenir vers le capital investissement. Les règles internationales de Bâle III pour les banques et de Solvency II pour les compagnies d’assurance les contraignent à réduire les investissements jugés à risque. Si les banques ont augmenté leur participation cette année, à 355 millions d’euros contre 146 millions d’euros au premier semestre 2010, elles restent encore bien loin des niveaux de 2008 (2,1 milliards d’euros).
Le capital risque, qui sert à financer les premiers stades de développement d’une entreprise, souffre particulièrement de cette désaffection. Seuls 4,9 % des montants levés au premier semestre 2011 y seront consacré, en baisse de 69 % par rapport au premier semestre 2010. Les grands investisseurs préfèrent en effet se tourner vers les actifs les moins risqués et orientent plutôt leur mise vers le capital développement et le capital transmission.
L’économie réelle a pourtant bien besoin de nouveaux apports en fonds propres. Les investissements dans les entreprises ne se sont d’ailleurs jamais si bien portés qu’au premier semestre 2011. Les sociétés de gestion ont investi 4,3 milliards d’euros dans 946 entreprises, soit 45 % de mieux qu’en 2010.
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International
Les entreprises françaises se préparent au marché libyen
C’est une première étape. Le 12 octobre, Pierre Lellouche, le secrétaire d’Etat au commerce extérieur, a accompagné 80 entreprises françaises à Tripoli, la capitale de la Libye. Pas encore pour signer des contrats fermes. Pour l’heure, tout est bloqué dans l’attente de la mise en place d’un gouvernement provisoire qui remplacera l’actuel Conseil national de transition. Mais le déplacement a au moins permis aux entreprises françaises de renouer les contacts avec les représentants des filières industrielles libyennes.
Anne-Sophie Bellaiche et Arnaud Dumas

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