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La semaine de l’économie du 05 au 09 décembre 2011

Publié le

La semaine se finit bien pour la zone euro

C’était une semaine clef pour faire baisser les tensions sur la zone euro. Et elle se termine plutôt bien, après avoir assez mal commencé avec la menace de Standard & Poor’s de dégrader la note de l’ensemble de la zone euro. Après une nuit d’intenses négociations, les chefs d’Etat de 23 des 27 pays de l’Union européenne se sont mis d’accord, vers 5h du matin, pour un renforcement de la discipline budgétaire. La veille, la banque centrale européenne a décidé lors de sa réunion mensuelle des gouverneurs d’abaisser une nouvelle fois son taux directeur (à 1%) et de prendre de nouvelles mesures pour soutenir le financement des banques. Pour la banque Goldman Sachs, c’est cette dernière opération de la BCE qui devrait avoir le plus fort impact pour les marchés. Car en permettant aux banques d’accéder de façon illimitée à des prêts auprès de la BCE sur trois ans, l’opération devrait réduire le risque de voir les banques réduire la distribution du crédit aux entreprises.

Les économistes sont plus mesurés sur les effets de l’accord du sommet européen – qui doit encore se poursuivre vendredi toute la journée – sur la mise en place d’un nouveau traité. « Pourquoi pas un traité européen mais le temps de le ratifier cela risque d’être trop long », s’inquiétait en début de semaine Christian de Boissieu, le président du conseil d’analyse économique. « Ce n’est pas la réponse que les marchés attendent. Ce qu’ils veulent savoir c’est qui paye en dernier recours », abonde dans le même sens Karine Berger. Plus optimiste Goldman Sachs juge que donner des assurances juridiques aux marchés devrait permettre de rassurer leurs marchés plus que les simples déclarations d’intention sur la discipline budgétaire. A condition que l’accord décidé vendredi soit mis en application prestement.

La simplification administrative poursuit sa marche

Les deuxièmes assises de la simplification administrative ont eu lieu mardi 6 décembre. Cette fois, Frédéric Lefebvre, le secrétaire d’Etat chargé des PME, a annoncé un wagon de 65 nouvelles mesures pour alléger les lourdeurs administratives pesant sur les PME. Lors de la première édition des assises, en avril 2011, il en avait déjà annoncé 80.

Le ministère a notamment prévu la mise en place d’un Conseil pour la simplification en faveur des entreprises. Composé de représentants des organisations professionnelles, de chefs d’entreprises et de personnalités qualifiées, il sera chargé du suivi de l’application du plan de simplification et de proposer de nouvelles réductions de charges administratives pour les entreprises.

La dispense de procédure d’appel d’offre pour les marchés publics a par ailleurs été étendue aux marchés de moins de 15 000 euros, contre 4000 euros auparavant, comme l’avait déjà annoncé François Fillon, le premier ministre, le 14 novembre.

Par ailleurs, dans la liste des nouvelles mesures, on compte notamment la création de statuts-types pour les sociétés commerciales hors sociétés anonymes, la mise en place d’un guichet unique pour les demandes d’exploitation d’installations classées, ou encore le lancement d’un numéro vert pour orienter les dirigeants de PME rencontrant des difficultés soit vers le médiateur du crédit, soit vers le correspondant PME de leur département (0.810.00.12.10).

Cession de PME : beaucoup de projets, peu d’actions

Les dirigeants de PME se font de plus en plus vieux… Et peinent à trouver un repreneur pour leur entreprise. Selon une enquête réalisée par l’Observatoire BPCE (Banque populaire-Caisse d’épargne), il y a eu quelque 12 315 opération de cession-transmission de PME en France en 2010. Mais en tout, près de 20 000 patrons d’entreprises disent avoir eu l’intention de vendre leur activité. « Un quart des dirigeants souhaitent vendre leur entreprise dans les deux ans, c’est six points de plus qu’en 2006, remarque ainsi Alain Tourdjman, le directeur des études, de la veille et de la prospective de la BPCE. Et 49 % des plus de 60 ans souhaitent vendre, sot 13 points de plus qu’en 2006. »

Conséquence de cette difficulté à céder, la proportion de patrons de plus de 60 ans est passée de 12,8 % en 2006 à 17,7 % en 2010. Ils n’en sont pas moins motivés par leur activité, les PME dirigées par des sexagénaires demeurant solide. « Cela pose plutôt un enjeu de croissance de l’activité que de risque de disparition de ces entreprises, estime Alain Tourdjman. Les dirigeants plus âgés privilégient la viabilité à la croissance. » L’endettement des PME de 20 à 49 salariés détenues par des personnes de plus de 65 ans tombe ainsi à 70 points, contre 112 points pour les personnes de 44 à 44 ans (base 100 : ensemble des entreprises). En parallèle, la rentabilité reste élevée, mais elle sert plus à renforcer les fonds propres qu’à développer l’entreprise.

Selon l’étude, la cession de l’entreprise permet pourtant de la dynamiser. Avant la cession, 39 % des entreprises ont un taux d’investissement élevé, contre 50 % après la cession.

Solène Davesne et Arnaud Dumas

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