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Quotidien des Usines

La SCOP de la SET l’emporte sur la multinationale KnS

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Retournement de situation dans le dossier de reprise de l’entreprise Smart Equipment Technology de Saint-Jeoire-en-Faucigny (Haute-Savoie) : les salariés réunis en SCOP vont pouvoir reprendre leur entreprise. La Cour d’appel de Chambéry leur a donné raison le 4 novembre, mettant fin au projet de reprise du groupe américano-singapourien Kolicke & Soffa, retenu en première instance.

La SCOP de la SET l’emporte sur la multinationale KnS © BotheredByBees - Flickr - C.C

Les 32 salariés de la SET (Smart Equipment Technology), entreprise de Saint-Jeoire-en-Faucigny (Haute-Savoie) spécialisée dans l'assemblage de composants électroniques de très haute précision, ont finalement obtenu gain de cause mardi matin 4 décembre devant la Cour d’appel de Chambéry. Leur projet de reprise de leur entreprise sous la forme d’une SCOP (société coopérative de production) a été préféré à celui du groupe américano-singapourien Kulicke & Soffa (KnS), cotée à la bourse de New-York. Les salariés, qui avaient reçu la visite et le soutien du ministre délégué à l'Economie sociale et solidaire Benoît Hamon le 26 octobre, avaient pourtant vu leur offre retoquée le 6 novembre lorsque le tribunal de commerce d'Annecy avait statué en faveur de KnS. Le procureur de la République d'Annecy Eric Maillaud avait alors pris position en faveur du projet SCOP et fait appel de cette décision.

Ce dénouement intervient après un bras de fer de plusieurs mois. SET était en effet sans propriétaire depuis avril, à la suite de la mise en liquidation judiciaire de sa maison mère, la start-up américano-suédoise Replisaurus Technologies. Deux projets de reprise s’opposaient. Le groupe américano-singapourien Kulicke & Soffa (KnS), via sa filiale suisse Kulicke & Soffa Die Bonding GmbH, s'engageait à maintenir 39 emplois (sur les 42) et à investir 10 millions d'euros sur trois ans.

Le projet de SCOP, baptisée "SET Corporation" et initié par trois cadres, concerne 32 salariés qui ont réuni 6,2 millions d’euros et obtenu le soutien de plusieurs banques et la garantie de financeurs publics (1,6 million en fonds propres et 4,6 millions de prêts à court terme et de garanties). Ils proposent, selon le jugement du tribunal de Chambéry, la reprise de 37 contrats de travail.

Lors de l’audience, le ministère public a fait valoir que si "les deux offres sont sérieuses et similaires en matière d’emplois", celle de la SCOP "est tout à fait solide sur le plan financier et bénéficie du soutien des salariés, sans lequel il est difficile de mener à bien l’activité." Par ailleurs, le projet de KnS "n’est pas de nature à garantir, à terme, le maintien du savoir-faire et des emplois sur le territoire national."

A l’issue de ce jugement, cinq postes au sein de l’entreprise vont être supprimés dans le cadre de licenciements économiques : directeur des opérations, responsable des achats/logistique, responsable achats de produits manufacturés, aide magasinier et directrice des ressources humaines.

Kulicke & Soffa (du nom de ses fondateurs Fred Kulicke et Al Soffa) a été créée en 1951 et fabrique des machines d'assemblage de semi-conducteurs, comme la SET. KnS emploie 3 000 salariés pour un chiffre d'affaires de près de 700 millions d'euros. En novembre, le tribunal de commerce d’Annecy avait alors privilégié "la puissance financière et technologique" du groupe international.

La société SET a été créée à Saint-Jeoire-en-Faucigny en 1975. Elle fabrique des machines réputées de très haute précision (device bounder) pour souder des composants électroniques. Elle est surtout spécialisée dans les capteurs à infrarouge, pour lesquels elle est leader mondial. C’est un marché de niche, tourné essentiellement vers l’exportation, à destination des pays asiatiques principalement, mais aussi des Etats-Unis. Vendue plusieurs fois depuis les années 90, SET est tombée à la fin des années 2000 dans le giron de l’américano-suédoise Replisaurus.

L’affaire était suivie de près par le gouvernement. Dès le lendemain du jugement du tribunal d’Annecy, Benoît Hamon avait répété son soutien au projet des salariés, estimant en jeu la pérennité de l’expertise française dans ce secteur. Il devrait présenter en septembre 2013 une loi destinée à faciliter les possibilités de reprise d'entreprise par les salariés.

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