La Russie fait la part belle aux voitures... russes
Le 30 août 2010 par Anne Léveillé
Du Salon de l'Auto à Moscou
N’en déplaise aux visiteurs, le Salon de l’Auto de Moscou ne vaut pas seulement par les sublimes Russes qui se pavanent aux côtés des voitures. Après deux années de crise sans précédent qui ont vu les ventes s’effondrer de 50%, le salon qui se tiendra jusqu’au 5 septembre dans le nouveau hall d’exposition de la capitale moscovite est l’occasion de confirmer que l’optimisme est de retour. Il était temps car de 3 millions d’unités vendues avant la crise, le marché est tombé à 1 450 000 en 2009. Dopé par la prime à la casse qui octroie 50 000 roubles (1250 euros) à tout acheteur d’une voiture fabriquée localement, le marché est reparti. Les prévisions tablent sur 1 850 000 unités en 2010, et un retour à 3 millions (soit le niveau d’avant crise) en 2013-2014.
En attendant, la crise semble avoir bouleversé la structure des ventes. Certes de Bentley à Maybach, les marques élitistes s’octroient encore 5% des ventes et le tiers des trois halls d’exposition. Porsche a donc choisi d’y présenter en première mondiale sa dernière GT2 RS ou Jaguar, sa XJ Sentinel. Plus modestement, Renault offre aux Russes la primeur de son nouveau haut de gamme : une berline « Lattitude » venue tout droit de chez Samsung en Corée. Mais dans la clientèle, cette tendance élitiste est à la baisse.
Taux d'intégration locale bientôt supérieur à 70 %
Du fait de l’effondrement du crédit et de la dévaluation du rouble qui lui a fait perdre 20 % de sa valeur face à l’euro et 60 % face au yen, les voitures locales ont le vent en poupe. Et le fait que la prime à la casse soit réservée à ces dernières accentue la tendance. Alors qu’elles représentaient les 2/3 des immatriculations en 2007, les voitures importées ne représentent « plus » que 52 % des ventes. Selon Christian Estève, Directeur général de Renault Russie, la proportion a toutes les chances d’augmenter car le gouvernement russe projette de durcir, dès le 1er janvier prochain, les conditions d’exemption de droits de douanes. Pour en profiter, les constructeurs étrangers vont devoir afficher un taux d’intégration locale de plus de 70% , alors que seuls 40% sont exigés actuellement. Cette nouvelle réglementation est une aubaine pour des marques comme Lada, mais également pour Renault qui est, grâce à son usine moscovite d’Avtoframos et à son important panel fournisseur local, l’un des seuls transplants à pouvoir s’y conformer.
Inconscient de ces méandres administratifs, les visiteurs continueront de parcourir les allées en rêvant aux plus belles voitures du monde. Quand il s’agira d’acheter, ils s’intéresseront davantage aux nouvelles Polo tricorps, Ford Focus, ou Logan et Duster, ici vendus sous la marque Renault. Flânant sur le stand Lada, ils se rendront compte que l’on y parle ouvertement de la collaboration avec Renault. Jusqu’à présent difficile à mettre en place, cette dernière est avance à grand pas depuis la récente nomination du russe Igor Kamarov à la tête de l’entreprise. Si le calendrier est respecté, ce partenariat devrait permettre la modernisation de la gamme du dernier grand constructeur russe.
Au prochain salon, Lada devrait donc pouvoir annoncer la commercialisation de sa Granta, une voiture ultra low-cost à 5600 euros qui remplacera l’ancêtre Classic et des Lada MCV et H2 (Logan breaks et fourgonnettes rebadgées). Elle sera fabriquée à partir de 2012 sur le site historique d’Avtovaz à Togliatti. Si le calendrier est respecté ...
Anne Léveillé

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