La révolution du jasmin vue par la presse maghrébine
Par Morgane Remy - Publié le
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La crise tunisienne touche les opérateurs télécoms français Prudence de rigueur chez les industriels français présents en TunisieLa crise tunisienne fait la Une des journaux français en ligne. Une révolution qui fait aussi cliquer de l'autre côté de la Méditerranée. Journaux tunisiens mais aussi algériens et, dans une moindre mesure, marocains parlent de la crise politique qui pourrait se muer en crise économique.
« Un peu partout, on voyait des gens attablés dans les cafés au cours de la matinée.
Demeure cependant la problématique des boulangeries bondées et des marchés fermés. Les choses devraient commencer à retrouver leur cours normal », témoigne un reporter de Business News, un journal électronique tunisien, ce lundi 17 janvier.
Dès dimanche, l’état d’urgence avait été réduit pour passer de 18h à 5h du matin. L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et les syndicats, dont celui de la chambre des centres d’appel, multipliaient les appels à la reprise du travail. Pour ces acteurs, il s’agissait « d’un acte citoyen pour que l’activité économique reprenne son cours normal ». Selon Business News, l’activité économique reprend petit à petit. Les trafics aérien et ferroviaire également.
L'Algérie : le risque de contagion
L’Algérie, de son côté, croit que la contagion est possible. Le Courrier d’Algérie, un quotidien national, dénombre déjà « pas moins de 10 000 émeutes rien qu’en 2010 ». Selon le journaliste Farid Houali, « les Algériens ne sont pas lâches mais patients » et le « régime s’est tout le temps montré incapable de répondre favorablement aux aspirations d’une jeunesse assoiffée d’une vie digne ». Le terrain de révolte est aussi fertile qu’en Tunisie.
A l’absence de perspectives d’avenir, s’ajoute une hausse des prix qui étrangle la population. Le quotidien d’Oran, explique à ses lecteurs que le gouvernement a décidé de faire pression sur les prix pour éviter des débordements : « plusieurs mesures ont été prises pour l’application des nouveaux prix. A présent, l’on constate que les nouveaux seuils des prix fixés (notamment sur le sucre et l'huile) par le ministère du Commerce s’appliquent progressivement dans les commerces de gros et de détail. »
Et pour s’assurer de cela, le ministère envoie des hordes d’inspecteurs qui terrifient les grossistes. « Une véritable panique s’est emparée hier des grossistes de Semmar (Alger). Indubitablement, l’opération de contrôle des prix et l’application des mesures prises récemment par le gouvernement a forcé plusieurs d’entres eux à fermer leurs entrepôts afin d’esquiver aux contrôleurs », décrit le reporter Hamid Mohandi du Courier d’Algérie.
Le Maroc : le déni
Si on se rend encore plus à l’ouest, au Maroc, la presse se fait plus discrète sur les évènements tunisiens. Si les sites d’informations parlent de la situation en Tunisie, c’est avant tout en déconnectant l’analyse de leur propre pays et très rarement en Une des journaux. La Nouvelle Tribune, hebdomadaire marocain, rappelle ainsi que « comparaison n’est pas raison » et défend « une politique budgétaire soucieuse de la dimension sociale. » Pour avoir plus d'informations, les jeunes se tournent désormais de plus en plus vers les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter.

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