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LA RÉUNION MISE SUR LA CANNE

Par À LA RÉUNION, CATHERINE MOAL - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3266

A La Réunion, la campagne sucrière vient de s'achever. 1,86 million de tonnes de cannes auront été récoltées depuis juillet, un tonnage quasi identique aux deux années passées. « Nous nous attendions à une mauvaise récolte due aux aléas climatiques de début 2011. Finalement, ce sera une année moyenne, explique Florent Thibault, le délégué général du Syndicat du sucre. La filière, bien soutenue par l'État et l'Europe, représente 24 500 hectares de SAU cultivés par 3 500 planteurs. Occupant 12 000 salariés, elle affiche un chiffre d'affaires consolidé (canne et sucre) de 195 millions d'euros pour 2010.

La bagasse pour produire de l'électricité

De cette canne, les deux dernières usines sucrières du Gol (sud de l'île) et de Bois-Rouge (nord), dont le français Tereos est actionnaire majoritaire, extrairont environ 210 000 tonnes de sucre, quasi entièrement envoyées en Europe ; et 70 000 tonnes de mélasse. Une goutte d'eau dans la production mondiale de sucre, qui s'élève à 160 millions de tonnes. « Nous sommes le premier producteur européen de sucre », rappelle le délégué, pour qui l'avenir se joue sur plus de valeur ajoutée. À commencer par l'optimisation de la production : « De 4 tonnes de sucre produit à l'hectare dans les années 1950, nous sommes passés à 8,2 tonnes en 2010. » Une performance obtenue grâce aux travaux sur les variétés des 80 chercheurs, ingénieurs et techniciens de l'Ercane, l'un des cinq meilleurs centres de recherche au monde dans ce domaine. Depuis sa création en 1926, le centre a ainsi libéré 585 nouvelles variétés, dont la dernière il y a un an, la R585, devrait permettre de doubler la production de bagasse, l'un des résidus de la canne, avec un rendement en sucre tout aussi optimal.

L'intérêt de produire davantage de bagasse est devenu indispensable pour optimiser la production d'électricité de l'île, grâce au couplage des deux usines sucrières à deux centrales thermiques de 230 MW au total, exploitées par La Séchilienne-Sidec. « En période de campagne, elles tournent avec les 600 000 tonnes de bagasse récupérées. Le reste du temps, elles fonctionnent au charbon », précise Florent Thibault. Ces deux centrales produisent 10 à 12 % de l'électricité de l'île et évitent d'exporter 138 000 tonnes de charbon.

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