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La restructuration chez Michelin dans le détail

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le

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Le plan de restructuration de Michelin inquiète les syndicats. En fait, la réorganisation ne se limite pas aux 1 093 postes annoncés dès 2010. Mais, selon une annonce de la direction, ce chiffre « serait englobé dans un plan de 1 800 départs volontaires, comprenant retraites anticipées, aménagements de fin de carrière...".

« Cette annonce ne semble être que la partie visible de l'iceberg », affirme la CFTC dans un communiqué « à la lecture des documents remis (...) aux organisations syndicales, il ressort que d'ici fin 2011, l'effectif du groupe en France devrait se situer entre 19 215 et 20 420 salariés, soit de 2 349 à 3 554 suppressions d'emplois par rapport à l'effectif au 31 avril 2009 ».

Des départs qui ne seront pas seulement volontaires, car « si toutefois, à l'issue de la période de volontariat, le nombre total de salariés volontaires était insuffisant, il serait procédé à des désignations à partir des critères d'ordre », déclare la direction de Michelin dans ses documents.

Or, la première partie du plan de restructuration est liée à la réorganisation industrielle. Il concerne 1 093 suppressions de postes, dont 495 seront traités par des mesures d'âge spécifiques. Les 598 restants se verront proposer des mutations à l'intérieur du groupe.

Trois sites sont concernés par les suppressions de postes :

1/ Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) perd son activité de production de pneus de voiture délocalisée en Allemagne. L'activité de mélange de gomme et de pneus pour les engins de génie civil est renforcée. Suppression de 477 postes sur 1 400.

2/ Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire) ferme son atelier de mélange de gommes, tout en conservant son label de spécialiste du pneu poids lourd technologique. Suppression de 340 postes sur 1 300.

3/ Noyelles-lès-Seclin (Nord) ferme. Les 276 postes du site seront supprimés. Seules douze personnes devraient se voir proposer un départ à la retraite. Les autres n'auront d'autre choix, pour sauver leur emploi, que d'occuper un poste sur le site des Gravanches, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). La direction de Michelin affirme vouloir conserver son personnel, « pour créer un pôle performant sur le site des Gravanches ». Le site de Noyelles « est trop petit, or on veut créer un pôle d'expertise, spécialiser les sites pour pouvoir rester en France... pour rester solide en France ».

Dans le même temps, le groupe annonce 500 embauches par an pendant trois ans. Il compte aussi investir 50 millions d'euros sur le site de Montceau-les-Mines et 15 millions sur le site de Tours. Des annonces qui, aux yeux des salariés, apparaissent « incompréhensibles et incohérentes ».

Luisa Manzella

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