La réputation en ligne : tout le monde est concerné
Par Christophe Bys - Publié le
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Réputation des patrons sur Internet : les industriels s’en sortent plutôt bien Opinion et réputation : la difficile communication des dirigeants Éric Dumonpierre, un cas d'école pour la réputation des dirigeantsPour trouver un emploi demain, les données personnelles publiées sur Internet pourraient bien compter de plus en plus. C'est ce que pensent les professionnels des RH et les salariés, pour une foi d'accord. Anticipant ce mouvement, les internautes cherchent des moyens de protéger les données sensibles, parfois avec une certaine naïveté. Focus sur une enquête réalisée par Microsoft.
Tout ceux qui ont plus de 40 ans ont reçu au moins une fois une letttre avec cette formule polie : « malgré l'intérêt de votre candidature, nous ne pouvons donner une suite positive.... ». Une formulation bientôt caduque et peut-être remplacée par : « malgré vos diplômes et de vos bons résultats aux tests d'évaluation, l' examen de votre profil facebook et la consultation de vidéos vous montrant dans des situations critiques, nous conduit à écarter votre candidature. Nous vous souhaitons bonne chance pour la suite de vos recherches ».
Plus que jamais, les données personnelles laissées sur Internet intéressent de plus en plus les recruteurs mais aussi les recrutés, comme le montre une étude réalisée pour Microsoft par le cabinet Cross Tab Marketing Services (*). Son principal mérite est d'offrir des données comparées sur la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.
Des données de plus en plus intégrées dans les recrutements
Premier enseignement : seulement un quart des professionnels RH déclare ne pas consulter ou consulter rarement les données trouvées sur Internet. Toutefois, avoir un « mauvais » profil sur un réseau social n'a pas partout les mêmes conséquences. Si 70 % des responsables RH disent avoir déjà écarté un candidat à la mauvaise e-réputation aux Etats-Unis, les DRH de la vieille Europe ne tirent pas encore de conclusion aussi radicale. Ils ne sont que 41 % au Royaume-Uni, 16 % en Allemagne et 14 % en France. A cet égard, il serait intéressant qu'une étude nous révèle quels sont les critères qui dans chacun de ces pays nuit à la réputation d'un candidat.
Reste qu'en dépit de ces différences, les responsables RH sont unanimes à penser qu'à l'avenir les données en lignes seront des éléments à intégrer dans les processus de recrutement. C'est le cas de 83 % des professionnels interrogés aux Etats-Unis. Ils sont 65 % en France, pays où plusieurs cabinets de recrutement ont pourtant signé une Charte de respect des données privées des candidats, avec le projet de convaincre le plus grand nombre d'employeurs à faire de même. Vaste travail.
Des internautes conscients...
D'ailleurs les candidats ne s'y trompent pas. Ils ont anticipé ce mouvement, conscients des enjeux de la réputation en ligne. 69 % des Français interrogés (*) se disent préoccupés par les effets que pourrait avoir leur réputation en ligne sur leur vie personnelle ou professionnelle. Mieux, 77 % des personnes ayant répondu se disent conscientes des effets que peuvent avoir les informations en ligne dans un recrutement. Quasiment 90 % des Allemands pensent de même.
Pour éviter ces désagréments, les internautes français déclarent séparer leur profil professionnel et privé : ils sont 61 % à le faire systématiquement. Reste à savoir ce que recoupe cette assertion. Ont-ils deux profils séparés, avec le même nom, ignorant qu'une recherche sur certains moteurs de recherche spécialisés (*) permet de rassembler les données des deux profils ? Ou ont-ils une politique de publication pensée, en fonction des objectifs de chaque profil ?
….mais ignorants des subtilités du web
Certaines réponses laissent penser que le contrôle des données personnelles pourrait bien être un mirage pour certains internautes. En effet, 37 % des internautes français disent paramétrer l'accès aux données sur les réseaux sociaux, seulement 22 % suivent attentivement les commentaires faits sur eux (*).
En outre, seulement une personne sur 3 se préoccupe de la trace que laissera le contenu au moment où elle le publie. Pire encore, selon le principe bien connu « je fais aux autres ce que je ne voudrais pas qu'on me fasse », un quart seulement des internautes se soucie des conséquences de la mise en ligne d'information concernant un tiers. Autrement dit, une personne peut prendre toutes les précautions, elle n'est pas à l'abri d'une publication par un cousin ou l'ami d'une amie d'une photo, où il sera reconnu et identifié par un autre ami. Toutefois, que les paranoïaques se rassurent : en général, il est facile de faire retirer cette image, si celui qui l'a mise en ligne n'est pas animée de mauvaise intention. Sur Internet comme ailleurs, il existe des dangers, mais la plupart des personnes restent bien intentionnées.
Christophe Bys
(*) l'étude a interrogé d'un côté des professionnels des RH et de l'autre des salariés. La seconde partie de l'article se réfère à cette partie de l'enquête.
(*) une simple alerte avec le nom et prénom dans un moteur de recherche permet déjà de repérer l'essentiel de ce qui est dit.
(*) Un passage sur un site comme webmii.fr ou 123people.fr est souvent riche d'enseignements. A recommander.
1 réaction
cobaLt | 01/03/2010 - 16H26
En effet, les informations et traces que l'on laisse sur le net peuvent avoir des effets positifs comme gravement néfastes.
Exemple d'un cas d'école, www.eric-dumonpierre.fr où des étudiants d'HEC doivent en demi-groupes dorer le blason d'un CEO fictif de Laboratoires fictifs, tandis que l'autre groupe se charge de le fustiger ou le critiquer de façon fort vindicative.
Attention aux traces que l'on laisse derrière soit, ainsi qu'à notre eReputation!
Bien cordialement

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