La reprise passera-t-elle l'hiver ?

Par  - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3211

  Après une année 2009 terriblement difficile, les sous-traitants commencent à sentir un vent de reprise. Pour autant, la retenue reste de mise pour envisager l'année à venir.

Ouf ! Les sous-traitants respirent enfin. Sans être une année exceptionnelle, 2010 se termine mieux qu'elle n'a commencé. C'est en tout cas ce que montrent les résultats de notre enquête exclusive de conjoncture réalisée auprès de 275 entreprises. Près de trois entreprises interrogées sur quatre reconnaissent avoir un niveau d'activité plus soutenu que l'an dernier à la même époque. Il faut dire que 2009 avait été une année particulière noire. Notre enquête avait révélé à l'époque plus d'une entreprise sur deux en baisse significative d'activité. Aujourd'hui, elles sont encore 12 % à voir leur activité diminuer, tandis que 13 % considèrent que ce niveau est identique à celui de 2009.

L'INDICE DE CONFIANCE S'ENVOLE

Après avoir atteint un point historiquement bas en 2008, l'indice de confiance s'envole. 80,2 % des entreprises interrogées prévoient une croissance d'activité en 2011. C'est la valeur la plus haute depuis dix ans. Ce surcroît d'optimisme s'explique en bonne partie par la brutalité de la crise entamée dès le dernier trimestre 2008. Les sous-traitants, sous le choc et au bord de l'asphyxie l'an dernier, ne boudent pas leur plaisir de retrouver des niveaux d'activité acceptables. « Après la contraction violente de 2009, il y a un fort rebond des volumes en 2010, favorisé par une base de comparaison dégradée mais aussi par une embellie de la demande, explique Bruno Muret, le directeur économie du Syndicat national des caoutchoucs et polymères, mais les choses vont mieux, c'est indéniable ! »

Illusion ou pas, les sous-traitants apprécient de retrouver de la visibilité. Après avoir navigué à vue tout l'an passé, leurs carnets de commandes se sont regarnis. 73,5 % des entreprises interrogées indiquent qu'il est mieux rempli qu'en 2009. Et pour 15,1 % d'entre elles, il est identique. Pour autant, ce critère n'est pas homogène dans tous les secteurs. Les entreprises de décolletage s'estiment toutes très bien loties alors que la chaudronnerie fait la fine bouche. C'est pourtant ce secteur qui a les plannings de production les mieux chargés sur la plus longue distance. Ils ont une visibilité sur 19,4 semaines alors qu'elle n'est qu'à 6,8 semaines (même pas deux mois !) dans le décolletage. La moyenne globale, quant à elle, est de 12,4 semaines. C'est moins qu'en 2008 (14 semaines) mais nettement mieux qu'en 2009 (7,6 semaines).

Autre fait marquant de 2010, les prix ne sont plus considérés comme aussi inquiétants qu'en 2008. Et cela alors même qu'ils n'ont cessé de diminuer depuis des années. 45,2 % des sous-traitants ayant participé à l'enquête, estiment que les prix ont baissé par rapport à l'an passé. Elles étaient 63,4 % en 2009. En parallèle, elles sont seulement 76,1 % à les considérer comme insuffisants, contre 78,5 % en 2008. Un renversement de tendance ? Pas vraiment.

Les dirigeants, ayant frôlé le dépôt de bilan l'an dernier, se sont en fait focalisés sur le retour à un niveau d'activité convenable. Les prix seraient donc passés au second plan.

 

TOUJOURS TRÈS LOIN DES NIVEAUX D'AVANT-CRISE

Tous ces indicateurs montrent une reprise certaine. Mais, dans le même temps, ils incitent à la prudence. Le marasme de 2009 a été tel que les niveaux d'activité retrouvés en cette fin d'année poussent à l'optimisme. Il faut toutefois raison gardée. Nous sommes toujours très loin des niveaux d'avant-crise. Tous les représentants des fédérations professionnelles s'accordent d'ailleurs sur une chose : 2011 sera placée sous le signe de la prudence.

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