« La raison d’être de Gruau : venir en complément des constructeurs »
Par Barbara Leblanc - Publié le
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Le carrossier Gruau rachète son concurrent vendéen GifaA l’occasion de l’acquisition qu’il vient de faire du fabricant de véhicules sanitaires Gifa, Patrick Gruau a accepté de revenir pour L’Usine Nouvelle sur l’activité et les perspectives du groupe qu’il préside : le carrossier constructeur Gruau spécialisé dans le véhicule industriel et présent sur le marché depuis 120 ans.
Vous venez de racheter le groupe Gifa (ex-ambulances Collet), spécialisé dans les véhicules sanitaires. Pourquoi avoir choisi cette entreprise ?
Cette acquisition fait partie d’une stratégie plus globale destinée à faire rebondir le groupe après la crise, durant laquelle nous avons enregistré notre première baisse de chiffre d’affaires depuis 25 ans. Notre choix s’est porté sur Gifa car c’est un acteur important du marché, qui va nous permettre d’amortir les coûts de production par un effet de taille et ainsi de pouvoir répondre aux changements de normes assez coûteux. Grâce à ce rachat, notre chiffre d’affaires va passer de 130 millions à 170 millions d’euros. Cette acquisition s’est faite en cohérence avec notre mode de management basé sur un projet d’entreprise familiale, que nous actualisons sans cesse et que nous revoyions tous les cinq ans. Mais surtout, le groupe Gruau entend se développer à l’international et compte sur l’expertise de Gifa dans l’exportation pour y parvenir.
Dans quels pays ?
En Europe et au Maghreb, où nous sommes tous les deux présents déjà. Mais nous voulons y conquérir de nouveaux marchés pour continuer de résister face à nos concurrents allemands, autrichiens ou espagnols et rester leader sur le marché européen. Le rachat de Gifa est un moyen de faciliter notre entrée sur ces nouveaux marchés, car le produit ambulance est facilement exportable contrairement aux autres activités de Gruau (transports de personnes, de marchandises, transport de sécurité). En effet, c’est un produit à haute valeur ajoutée qui engendre des coûts logistique moindres. Il peut donc s’exporter même dans des pays où le véhicule utilitaire n’est pas présent.
Comme en Chine ?
Effectivement. Là-bas, pour l’instant seuls les Iveco et les Transit de Ford circulent dans le domaine. Mais cela va évoluer. Et notre raison d’être, c’est de venir en complément des constructeurs, qui commencent à y aller.
Avec qui travaillez-vous ?
Renault, Peugeot, Citroën, Bolloré...Avec plus de 33 marques, tout acteur de l’automobile confondu. Ce qui représente environ 35 000 véhicules transformés par an ou 200 unités par jour. Pour ce faire, nous disposons de 14 sites dont 11 en France et un en Pologne.
Vous êtes partenaires de Bolloré sur le développement d’une voiture utilitaire électrique. Quelles sont vos perspectives dans ce domaine ?
Gruau est le seul carrossier constructeur à avoir développé avec le groupe Bolloré un véhicule utilitaire électrique pour le transport de personnes, qui commence à être vendu. Nous comptons en vendre environ 300 par an. Mais nous avons aussi développé l’Electron, un véhicule dédié au transport de marchandises spécialisé dans la messagerie en ville. Et sur ce terrain nous tablons sur une centaine d’unités en 2011, puis environ 200 par an.
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