La production des constructeurs automobiles dégringole de moitié au Japon
Par Ana Lutzky - Publié le
La production de Nissan en avril est toujours divisée par plus de deux, faute de composants suite au séisme du 11 mars. Quant à Toyota, il pourrait glisser à la troisième place mondiale derrière GM et Volkswagen, selon un analyste japonais.
Le volume de véhicules fabriqués par Nissan en avril sera inférieur de près de 60% à celui du même mois de 2010. La faute aux difficultés d'approvisionnement en pièces détachées après le séisme du 11 mars, a prévenu mardi le constructeur japonais.
Nissan espère commencer à relever le niveau à partir de mai, mais avertit qu'il ajustera le rythme au jour le jour en fonction des arrivages de pièces. En juin, la cadence de production continuera d'être dépendante des livraisons de composants nécessaires à l'assemblage.
Les constructeurs d'automobiles japonais souffrent d'une pénurie de pièces détachées qui les oblige à ralentir ou stopper leurs chaînes dans l'ensemble de l'archipel. Une conséquence du séisme de magnitude 9 et du tsunami géant du 11 mars qui ont endommagé ou détruit les usines de leurs fournisseurs dans la région du Tohoku (nord-est).
Cette pénurie pourrait même coûter à Toyota sa place de deuxième constructeur mondial. Il pourrait ainsi se voir devancer par Volkswagen, alors qu’il s’était déjà fait ravir la première marche du podium par l’américain GM. C’est ce qu’estime Koji Endo d'Advanced Research Japan, cité par l’agence Reuters.
Selon lui, le géant japonais, qui a écoulé 8,42 millions de véhicules l'an dernier contre 8,39 millions pour GM, s'achemine vers des ventes autour de 6,5 millions d'unités cette année. D'autres analystes anticipent des ventes comprises entre 6,3 et 7 millions d'unités, faute de prévision précise livrée par le groupe.
Coupures d’électricité et pénurie de pièces ont réduit sa production nippone d'environ deux tiers en mars. Pas mieux pour le numéro 3 du secteur dans l’archipel Honda, qui a fait état d'une chute de 62,9% sur le mois dernier. Il a déclaré qu'il faudrait attendre la fin de l'année pour observer un retour à la normale du côté de la production.
Toyota prévoit de même un retour à la normale de sa production d'ici novembre ou décembre. Ce qui porterait à neuf mois le laps de temps séparant la reprise pleine et entière de ses activités du séisme qui a ravagé le nord du Japon.
Conséquence de cette perturbation durable, l'agence de notation financière Standard & Poor's a annoncé lundi qu'elle abaissait de "stable" à "négative" la perspective de la note des constructeurs Toyota, Honda et Nissan. Une décision qui pourrait mener à la dégradation de la note de la dette à long terme de ces industriels.
Du côté des européens, Renault avait décidé de réduire la production dans sa filiale sud-coréenne dès la fin mars. De son côté, PSA Peugeot Citroën avait déjà dû mettre plusieurs milliers de salariés au chômage technique. Le groupe juge que le séisme aura un impact probable de 150 millions sur ses résultats. Quant à Fiat, le constructeur estime entre 50.000 et 100.000 unités sa perte de production pour l'année 2011.

dans la même rubrique
27/05/2012 Un mastère à l’international nuclear academy27/05/2012 Le papetier qui veut protéger les forêts
27/05/2012 Production












