La prime aux salariés chahutée à l’Assemblée nationale
Par Barbara Leblanc - Publié le
Alors que les débats ne sont pas encore terminés au sein de l’hémicycle de l’Assemblée nationale, la prime aux salariés des entreprises versant des dividendes en hausse continue de diviser dans les rangs.
Comme depuis plusieurs semaines et l’annonce de la création d’une telle prime mi-avril, l’opposition est vent debout contre cette " mesure qui fait pschitt", selon les députés du parti socialiste. Bruno Le Roux parle d'"une prime fantôme", pendant que le président des députés PCF estime que la "prime est une arnaque et réclame de privilégier les salaires".
Les organisations patronales de leur côté ont multiplié les critiques tout au long du week-end. Laurence Parisot, à la tête du Medef, a réitéré son sentiment lors de sa conférence de presse mensuelle le 14 juin, jugeant "regrettable" une telle initiative. Elle réclame "des aménagements" et souhaite que la prime ne s'applique pas aux entreprises de moins de 500 salariés. Une demande retoquée par le minsitre du Travail le 15 juin dans la matinée. "Nous ne changerons pas le seuil de 50 salariés, assure Xavier Bertrand sur Canal +. Si j'écoute Mme Parisot, il y a un million de salariés qui ne bénéficieront pas de la prime".
Même au sein des rangs de la majorité présidentielle, les députés ne sont pas tous convaincus par le message lancé par le ministre du Travail à l’ouverture des débats le 14 juin. Selon Xavier Bertrand, cette prime répond plus à un impératif de "justice" que "de pouvoir d'achat".
Mais le député du Nord, Christian Vanneste, a fait savoir que la mesure suscite "quelques bémols" au sein du groupe UMP à l’Assemblée nationale. De son côté, Yves Bur, pourtant rapporteur du texte, estime que c’est un "signal fort adressé aux salariés, mais que le dispositif doit être provisoire, dans l’attente d’un accord entre partenaires sociaux dans les négociations sur le partage de la valeur ajoutée".
La prime ne sera obligatoire que dans les entreprises de plus de 50 salariés et devrait donc concerner un quart des salariés du privé, soit 4 millions de personnes. Un amendement voté en commission veut autoriser les entreprises de moins de 50 salariés à faires des accords d'intéressement pour une durée d'un an au lieu de trois actuellement. Mais au sein du groupe UMP, Valérie Rosso-Debord assure que "4 millions de salariés, ce n’est déjà pas forcément si mal".
Le ministre du Travail, Xavier Bertrand assure que "la prime recueille un avis favorable au sein de toutes les catégories de la population, y compris celle des patrons de PME". Il devrait tenter de les convaincre lors de son déplacement le 16 juin au salon Planète PME organisé par la CGPME, elle-même opposée à la prime.

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