La Poste devient tiers de confiance et réfléchit à se renforcer dans les télécoms
Le 15 mars 2010 par Christophe Dutheil
Le groupe (287.000 collaborateurs) explore de nouveaux relais de croissance pour compenser le déclin du courrier traditionnel. Il s'apprête à lancer une offre de coffre-fort électronique pour les particuliers et les entreprises. Et il envisage de se lancer prochainement dans la vente de forfaits mobiles.
Percée du numérique oblige, La Poste a dû faire face à une nouvelle érosion de son chiffre d'affaires en 2009. Les ventes du groupe ont baissé de 1,3% l'an dernier, à 20,5 milliards d'euros, sous l'effet de la baisse des activités courriers (-4,7%) et colis (-3,5%). Toutefois, grâce à un plan de réduction des coûts, La Poste a sensiblement accru ses bénéfices sur cette période (+0,4%, à 531 millions d'euros). Le groupe, qui a rassemblé en 2008 ses filiales spécialisées dans la dématérialisation dans une nouvelle holding (Docapost), s'est aussi efforcé d'adapter ses activités à la nouvelle donne numérique.
Télécoms et Digiposte
Une mutation qu'il entend poursuivre l'an prochain. Parmi les pistes explorées, « les télécoms mobiles représentent une option », confirme une porte-parole du groupe, qui souligne que « la vente de cartes prépayées représente déjà 220 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel pour La Poste ». Si cette possibilité est retenue par les instances de gouvernance du groupe, qui se réuniront d'ici la fin du premier semestre, l'établissement « lancera une consultation pour trouver un ou plusieurs partenaire(s) », précise-t-elle.
La Poste, qui intervient déjà comme tiers de confiance via sa filiale Extelia, devrait aussi renforcer son positionnement sur le marché de l'archivage numérique, via une nouvelle offre développée par la direction des activités internet du courrier. Digiposte, c'est le nom du nouveau produit, sera commercialisé dans les prochains mois par une filiale éponyme. Concurrent, entre autres, de la solution de CDC Arkhinéo (une filiale de la Caisse des Dépôts), il sera destiné aux particuliers et aux entreprises (principalement les grands émetteurs de bulletins de paie - comme ADP-, les grands facturiers et les établissements bancaires). Et il devrait aider La Poste à transposer « dans l’univers des échanges numériques son rôle d’intermédiaire des échanges pour le courrier papier ».
Pour les particuliers, le service offrira un espace de stockage gratuit des courriers électroniques (bulletins de paye, relevés de banques, factures...), dans une limite d'un gigaoctet, voire un espace de partage de ces documents avec des tiers autorisés.
Les entreprises, quant à elles, devraient bénéficier d'un « nouveau canal de communication avec leurs salariés pour l’ensemble des documents clés : bulletins de paie, contrat de travail, attestation de salaire, justificatifs divers... ». Un canal payant. « Les modalités restent à déterminer mais la facturation se fera à l'acte et en fonction de la durée de conservation », nous confie un porte-parole du groupe.
Christophe Dutheil

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